Non, les Nawdba ne font pas du tribalisme dans l’affaire Toussaint Madjoulba !

Une anecdote en milieu nawda dit qu’aux premières heures du soulèvement populaire des populations togolaises en quête de liberté et d’une société démocratique des années 90, un cadre proéminent du régime RPT d’origine nawda avait été approche par les leaders de l’opposition. Ceux-ci lui demandaient expressément de se joindre à la lutte du peuple pour l’avènement de la démocratie. Le cadre nawda leur répondit tout simplement que sa maison est située derrière la fenêtre d’Eyadema et à eux d’imaginer la suite.

Cette anecdote illustre la situation dangereuse et précaire dans laquelle se trouve tout Nawda qui s’engage dans la lutte pour le changement et la démocratie au Togo. Énumérer les victimes nawda de la dictature qui sévit au Togo serait une longue, une très longue liste, à l’instar de la liste de chaque région et groupe ethnique du Togo. L’exil, la prison, les humiliations, les dénigrements et les assassinats, les Nawdba en ont connus !

Des fils et des filles nawda ont été humiliés, et l’exemple frappant est celui de la triste fin et des obsèques indignes du colonel Dadjo qui a occupé le poste de la magistrature suprême de la république à une époque de l’histoire togolaise. Tout Nawda qui refuse de faire allégeance aux système RPT-UNIR, se voit fermer toutes les portes de la République auxquelles il a légitimement droit et qui peuvent permettre son épanouissement et son émancipation économique et sociale. Les avantages ne sont offerts qu’à ceux qui vouent loyauté et asservissement aux régime RPT-UNIR.

De valeureux fils nawda ont perdu la vie du fait de leur opposition au régime en place. Le cas de Tokfai Vincent en est une illustration notoire. Mais l’assassinat de Toussaint Bitala MADJOULBA a été sans doute la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

C’est alors que les Nawdba se sont levés et continuent de réclamer justice pour Toussaint Bitala MADJOULBA, certes parce qu’il est un des leurs, mais aussi et surtout parce qu’ils aspirent à vivre dans un Togo fait de justice, de liberté et d’opportunités pour tous et non un Togo où une petite minorité accapare toutes les richesses du pays. Les populations nawda ont payé un lourd tribut dans les évènements qui ont suivi l’assassinat de Toussaint Bitala MADJOULBA aussi bien que dans le passé. Les combattants nawda qui tombent sur le champ de bataille restent souvent dans l’anonymat.

Le réveil nawda est effectif et historique, et il est celui   d’un peuple négligé, méprisé, piétiné, triché et violenté par un système qui n’a aucun égard pour les vies humaines. Ce peuple crie haut et fort : «Ça suffit ! » Nous osons espérer, comme l’ont promis les autorités togolaises que la lumière sera faite sur l’assassinat de Toussaint Bitala MADJOULBA et les coupables traduits en justice. La graine est en train de germer au sein de la jeunesse nawda qui refuse de voir son avenir sacrifié comme celui de ses ainés et parents. La jeunesse nawda et la jeunesse togolaise dans son ensemble sont appelées à s’approprier cette lutte pour faire du Togo un pays de justice et d’opportunités où il fera bon vivre et œuvrer pour tous.

En mémoire des dignes fils et filles nawda et de toutes les ethnies togolaises, tombés sous la dictature togolaise.

Le 11 fevrier 2022

Le Dr. Isidore Wasungu
Le Dr. Isidore Wasungu