Montréal, le 3 mai 2021

Socrate disait : « Vous pouvez cacher aux autres une action repréhensible, mais jamais à vous-même. »

Excellence Monsieur le Président de la République togolaise,

03-04/05/2020 – 03-04/05/2021.

Voici déjà un an aujourd’hui !

Permettez nous Excellence Monsieur le Président de venir á vous en tant que filles et fils de la diaspora Nawda, pour vous faire part de la profonde douleur et indignation que vit le peuple Nawda depuis un an.

En effet, depuis la nuit du 3 au 4 mai 2020 que le corps du Colonel Madjoulba Bitala Toussaint, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été retrouvé sans vie, le peuple Nawda a fait preuve de maîtrise de soi, de patience et d’un grand sens de civisme légendaire. Après avoir attendu quelques jours sans aucune information officielle de la hiérarchie militaire, du gouvernement, d’un officiel de la justice ou de vous même, nous avons battu le pavé pour réclamer justice et le corps de Toussaint pour un enterrement digne. Nous avions adressé plusieurs messages réclamant justice et le corps de notre frère, ami, parent Toussaint pour une digne sépulture selon nos US et coutumes en vain ; quand une délégation venue au nom du gouvernement á Siou nous a fait comprendre que des efforts étaient entamés pour la remise du corps. Nous avons cru sans penser en aucun moment qu’il s’agissait d’un discours dilatoire dans cette affaire qu’on nommerait volontiers désormais Affaire Madjoulba.

Un an est passé, beaucoup de consciences profondément troublées, s’inquiètent, cherchent inlassablement à savoir, et finalement refusent et refuseront de se faire servir des balivernes au sujet de cet odieux et ignominieux assassinat d’un vaillant fils Nawda dont le corps reste caché quelque part dont seuls les initiés ont le secret s’apparentant à un recel de mort.

Voilà donc Excellence Monsieur le Président, pourquoi vous ne manquez pas d’étonner non seulement le peuple Nawda mais aussi le peuple Togolais dans son ensemble et le commun des mortels attachés au respect des droits humains. C’est pourquoi toutes ces consciences dans leurs âmes profondes attristées et blessées vous observent en silence et attendent que vous usiez de votre pouvoir de premier magistrat du Togo, garant de l’intégrité physique de chaque Togolais pour faire la lumière sur cet abominable assassinat désormais considéré comme une tache de boue sur votre nom, ou mieux encore une souillure de votre règne.

L’histoire que vous pouvez refuser d’honorer quant à elle, avec ou sans vous, écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime inaudible a pu être commis et traité avec le plus grand dédain et ensuite forcé à l’oubli. En ce moment, ce sera seulement vous et personne d’autre, ni ceux qui aujourd’hui vous conseillent pour le présent ou ceux avec qui vous jouissez de tous les plaisirs de la belle vie. Vous serez le seul à endosser cette responsabilité sur votre conscience pour le reste de vos jours sur cette planète terre et rappelez-vous surtout que vous aurez à répondre auprès de l’omniscient.

Pour votre honneur, Excellence Monsieur le Président, nous sommes persuadés que vous ne l’ignorez pas et qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire. Nous ne nous lasserons jamais d’attendre de recevoir le corps de notre brave parent pour lui rendre les derniers hommages Nawda mérités et pouvoir finir avec la sortie de deuil. C’est un devoir humain, social et culturel pour nous Nawdba et aussi de notre société togolaise dans son ensemble. Nous ne vous demandons pas d’aimer Toussaint. Pour nous qui sommes toujours en larmes, prière nous rendre son corps, rien que son corps et rien d’autre, Excellence Monsieur le Président.

Avec tous nos hommages les plus distingués.

Pour Nawd Teelba Diaspora (NTD) du Canada, de l’Europe et des États Unis.

Le Président


Dr. Isidore Wasungu

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *