Excellence Monsieur le Président,

Je me suis laissé dire que Mme Adjamagbo Johnson Brigitte, dirigeante de l’opposition togolaise, a été arrêtée en compagnie de M. Gérard Djossou, animateur de l’opposition, par des éléments de la police politique togolaise. Ils seraient tous les deux accusés “d’atteinte à la sécurité et de préparation d’un coup d’Etat”. Une telle grave accusation est parfaitement farfelue, car pour cela, il faudrait que les mis en cause soient ou bien en complicité avec un État voisin (ABSURDE !), ou bien en capacité de retourner certains éléments de l’armée togolaise (IMPOSSIBLE! IMPENSABLE!)

Il y a donc d’autres raisons à cette arrestation que nous vous demandons de rendre publiques.

Nous –
craignons que votre action ne soit que l’illustration de votre volonté de décapiter votre opposition, ce qui est peu glorieux pour vous et pour votre régime que vous qualifiez vous-même de “démocratie apaisée”, alors que vous chevauchez allègrement une dictature féroce.

Le Mouvement démocratique et populaire Sursaut-Togo exige de vous la libération sans délai et sans condition, de nos deux compatriotes dont le seul péché est de se battre pour une vraie démocratie dans notre pays, à l’instar de tant d’autres prisonniers politiques qui croupissent arbitrairement dans les prisons togolaises.

Tout en réitérant notre exigence de la libération immédiate de Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson et Gérard Djossou, le Mouvement démocratique et populaire Sursaut-Togo invite la justice togolaise, dont « l’indépendance » n’est plus à démontrer, à rendre publiques les enquêtes sur les assassinats confirmés du Colonel Madjoulba Bitala à l’intérieur d’un camp militaire; la mort toujours inexpliquée du Ministre Atsutsé Kokouvi Agbobli enlevé alors qu’il était hospitalisé et assassiné sur la plage de Lomé; l’assassinat crapuleux du jeune mécanicien Moufilou Idrissou abattu dans l’atelier de son patron ; la mort à bout portant des deux collégiens de Dapaong, Anselme Gouyamo Sinandaré et Sinalengue Douti, tous deux exécutés par la milice présidentielle qui se prétend une armée… etc, etc.

L’arrestation et le jugement de ces vrais assassins honoreraient la “justice indépendante” du Togo.

Ces exemples ne sont qu’une infime partie des crimes et assassinats quotidiens qui ont endeuillé et endeuillent toujours inutilement toutes les familles togolaises sans aucune exception.

Mettez fin, Excellence Monsieur le Président, à cet enfer que vous avez allumé au Togo et dont le feu brûle sans interruption depuis l’avènement de votre règne sur notre pays et son pauvre peuple il y a bientôt 20 ans!

Pour SURSAUT TOGO

Kofi Yamgnane
Président
Paris le 29 novembre 2020

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