Au Chef de l’Etat, Son Excellence Faure E. Gnassingbé
Au Ministre de la Justice, Pius Agbetomey.

Nous, enfants de la préfecture de Doufelgou résidant en Occident, adressons cette lettre aux autorités de la République Togolaise à propos de nos trois frères arrêtés à Koka et détenus arbitrairement dans la prison civile de Kara à la suite des évènements malheureux survenus le 26 septembre 2020 à Koka lors de la cérémonie initiatique « Sant’m », entre les militaires et la population du canton de Koka.

Vu l’article 13 de la Constitution Togolaise de la 4e République qui dispose que : « L’Etat a l’obligation de garantir l’intégrité physique et mentale, la vie et la sécurité de toute personne vivant sur le territoire national.

Nul ne peut être arbitrairement privé de sa liberté. »

Et l’Article 15 de la mêmeconstitution qui affirme que :

« Nul ne peut être arbitrairement arrêté ou détenu. Quiconque est arrêté sans base légale ou détenu au-delà du délai de garde à vue peut, sur sa requête ou sur celle de tout intéressé, saisir l’autorité judiciaire désignée à cet effet par la loi. L’autorité judiciaire statue sans délai sur la légalité ou la régularité de sa détention. »,

Considérant les deux articles susmentionnés de notre loi fondamentale, nous nous demandons pourquoi trois de nos frères nawdba croupissent depuis près de deux mois en prison.

En effet, les nommés Kossa Bakoma, Alanda Bakoubayi et Boutoma Souguebena interpelés depuis le 26 septembre 2020 à Koka ont été transférés à la prison civile de Kara sans inculpation ni jugement après seulement une nuit passée dans les locaux de la gendarmerie de Kara.

Le déferlement des militaires sur les lieux au nom du non-respect des mesures barrières liées au COVID19 lors de cette cérémonie d’initiation ne peut constituer le motif essentiel pour lequel nos frères croupissent en prison jusqu’à ce jour. En quoi le fait d’aller chercher sa moto chez le mécanicien après avoir déposé son épouse à l’hôpital ou trouver refuge dans une cuisine pour échapper à la furie de nos militaires républicains on dirait des assaillants en terre conquise ou encore le fait d’avoir ramassé et tenu la pointe d’une flèche artisanale sans tube et ni encoche peuvent constituer des motifs valables et suffisants pour jeter des citoyens honnêtes en prison ?

Au demeurant, leur arrestation comme mesure dissuasive est au moins tolérable. Mais une incarcération pour des motifs précédemment évoqués est fallacieuse, frise la terreur sur la terre de nos aïeux et par conséquent décrédibilise notre système judiciaire et pénitentiaire. Comment voulez-vous que les citoyens acceptent et adhèrent aux décisions de justice s’ils sont injustement jetés en prison sans conscience réelle de ce qui leur est reproché ?  Pouvez-vous affirmer que l’égalité de tous les citoyens est une évidence et que les principes que nos parents et nos éducateurs nous ont enseignés deviennent réalité chez nous ?  

Ceci ne vous empêchera de siroter votre champagne puis que vous avez à votre table certains fils Nawdba véreux prêts à tout au mépris de nos valeurs chères à notre identité, quand même nous allons vous le dire. Serait-il maladroit de dire que le peuple Nawda se sent désabusé, humilié et ne comprend pas les raisons d’un acharnement contre lui ?

Pour votre gouverne, sachez bien que nous avons encore une marmite bouillante sur le feu contenant le dossier fumant de la mort du Colonel Toussaint Madjoulba Bitala, victime d’un assassinat ignominieux sans scrupule.

Six mois après cet assassinat nous sommes toujours sans suite, et n’avons pas encore obtenu le corps pour rendre une digne sépulture et faire le deuil collectif. Malgré ça, ce sont les militaires qui font une descente musclée dans une de nos localités pour molester, tabasser, blesser et arrêter arbitrairement trois de nos frères qui sont depuis pratiquement deux mois détenus dans la prison civile de Kara. 

Nous n’ignorons pas aussi l’assassinat du Colonel Bataba, mitigé en un accident de circulation…

Nous, filles et fils Nawdba regroupés au sein de la Diaspora Nawda dénommée Nawd Teelba Diaspora, vous demandons de faire diligence pour libérer upso facto nos trois frères arrêtés à Koka et détenus dans la prison civile de Kara et que l’acharnement contre les filles et fils nawdba soit levé.

Le silence ou le mutisme observé à chaque fois laisse penser que vous détestez et défiez les populations togolaises en les poussant ainsi à un règlement de compte sempiternel les unes contre les autres dans un futur proche.

On ne saurait terminer sans ce rappel, que dans vous brandissiez encore dans un passé très récent, selon lequel Doufelgou vous a toujours élu à plus de 90 voire 100% aux rendez-vous électoraux et compte deux députés UNIR dans l’actuelle assemblée nationale.

Comment expliquez-vous qu’aussitôt après deux échéances électorales importantes, que ceux qui vous adulaient sous peu, vous soient hostiles et fassent l’objet de constantes représailles tous azimuts dans un silence radio ?

Pour une fois, prouvez nous le contraire qui témoignerait à suffisance de votre innocence de tout ce qui se fait en votre nom en faisant libérer nos trois frères incarcérés à la prison de Kara. La grandeur d’un homme d’Etat se mesure par la qualité de ses actes. Immortalisez-vous donc par vos actes.

Voyez-vous, le monde entier pleure aujourd’hui l’ancien président Ghanéen : Jerry John Rawlings. C’est bien de lui J. J Rawlings que tout le monde parle y compris vous-même. Ce n’est pas un fait du hasard. Comme autorités, vous avez le libre arbitre de faire libérer ou non nos frères infortunés. Une action qui certes peut paraitre banale pour vous ou pour certains mais qui va rentrer dans l’histoire individuelle des bénéficiaires ou celle de notre peuple Nawda.

John Ditiba Hourougnanba
Président de Nawd Teelba Diaspora
Email: Ditiba.hourougnanba@gmail.com

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Ampiliations :

  • Au ministre Damehane Yark
  • Aux ministres :
  • Gilbert B. Bawara
  • Noël  K. Bataka

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