Lettre de la Diaspora Nawda en Amérique du Nord et en Europe, pour la restitution de la vérité des faits  survenus lors des  incidents graves du 26 septembre à Koka

Amérique du Nord et Europe

Le 5 octobre 2020

Nous sommes dans le cas d’espèce à Koka. La population nawda a été victime d’un grand malheur ce 26 septembre 2020 lui causant une grande douleur physique, morale et psychologique. Voici les faits tels qu’ils se sont réellement passés. Nous sommes dans le canton de Koka,  c’est l’apothéose du rite initiatique santm qui a lieu tous les cinq ans et qui marque le passage des jeunes hommes nawdba a l’âge  adulte pour les fils de Koka; l’un des cinq cantons des Nawdba dans la préfecture de DOUFELGOU, au nord du Togo.

Quand un malheur vous frappe et vous plonge dans une grande douleur, si la description des évènements et des causes de ce malheur par un tiers voulant situer les responsabilités, est à dessein ou involontairement, biaisée, erronée, vous apparaissant comme des mensonges et une grave injustice envers vous,  votre douleur se décuple et vous ne trouverez un véritable apaisement que quand la vérité des faits aura été restituée. 

À l’origine, une mésentente entre les organisateurs de cette cérémonie traditionnelle d’initiation et le chef canton. Ce dernier qui s’y serait opposé à l’organisation de cette cérémonie, aurait fait appel aux forces anti COVID-19. Quand les forces anti COVID-19 sont arrivées sur les lieux, c’est une barbarie inouïe meurtrière qu’elles ont déversée sur la population présente sur les lieux. Cette unité des forces de l’ordre qui est supposée assurer la sécurité de citoyens a bien confondu les populations de Koka au COVID-19, tirant des gaz lacrymogènes sur des citoyens, défonçant des portails et même des portes des chambres pour tirer à bout portant sur des personnes dont des vieilles et des tous petits.

On dénombre 1 mort par balle M. Lakou Tora Gnansa. Il est mort immédiatement après avoir reçu une balle à la tête. Puis il y a le cas Antoine Koussanta grièvement blessé et dans un état critique qui a reçu des coups à la tête. Dans la course poursuite, il s’est caché dans une chambre. Les militaires ont alors défoncé la porte et lancer des gaz lacrymogènes. Tout était d’une brutalité inouïe comme si il y avait eu une opposition de la population, à telle enseigne qu’il y a eu plusieurs blessés dont plusieurs aux membres fracturés;  un enfant est tombé dans un puit où il aurait pu perdre sa vie s’il n’avait pas été secouru. A ce jour, il y a plusieurs disparus et beaucoup de dégâts matériels. Des témoignages recueillis des victimes sur place font état d’une violence étrange et tellement disproportionnée dans les circonstances que l’on ne peut que la qualifier de barbarie.

Les faits ainsi résumés tels qu’ils ont été vécus, et tels qu’ils auraient dû être rapportés quand on veut honnêtement situer les responsabilités, venons-en aux explications biaisées, erronées, déformées, s’apparentant ainsi à des mensonges et contribuant à faire plus mal à la population Nawda qui le ressent amèrement, comme un affront, comme une grave injustice à son égard. Oui, c’est une grave injustice parce que la vérité des faits n’a pas été restituée. 

Ces explications déformées des faits réellement vécus, venant surtout du premier responsable d’un ministère régalien en la personne du Ministre de la Sécurité et de la protection civile, Yark Damehane, érodent la confiance entre le peuple nawda et ses dirigeants. Loin de nous l’intention de traiter notre Ministre de la Sécurité et de la protection civile pour qui nous avons le plus grand respect, de menteur. Nous savons bien qu’il pourrait avoir été mal informé, ne sachant même pas s’il a été lui-même sur les lieux pour procéder à toute vérification nécessaire. Car si ces déformations sont volontaires, c’est une faute très grave contre notre peuple et même un déni de son droit régalien de protection et de justice. En effet, ce serait  maintenir ainsi volontairement un peuple dans l’ignorance par des mensonges d’État. Yahvé, Allah, Dieu, Saŋgband, Saberma ne serait certainement pas content de voir ainsi tout un peuple aussi brimé avec tant de zèle, maintenant les Togolais dans l’ignorance de cette réalité, au détriment du peuple nawda.

Nous vous sortirons juste les idées fausses, erronées ou biaisées de la communication de notre Ministre de la Sécurité et de la protection civile.

D’abord l’idée d’une séance de travail entre le préfet, les chefs traditionnels et des représentants des populations pour amener les parties à respecter les mesures barrières dont certains n’ont fait qu’à leur tête, ne tient pas la route.

Notre commentaire :

Aucune preuve n’existe de cette séance de travail. Est-ce que le préfet et les chefs cantons comme les soi-disant représentants reconnaissent-ils les propos du ministre ou c’est une trouvaille personnelle?

C’est biaisé de prétendre qu’il y a eu deux groupes dont un a suivi les recommandations et l’autre (Niamtougou et Koka) n’a pas accepté de les suivre. L’intention de nous diviser ne marchera pas.

Nous ne savons pas l’existence de telles recommandations. Est-ce que le ministre veut nous dire que ses recommandations aux forces de l’ordre sont de brutaliser les populations aux mains nues n’ayant opposé aucune résistance? Nous pensons que la raison prévaut sur la brutalité.

Ensuite affirmer que des populations dispersées par les forces de l’ordre se sont reconstituées en une foule de plus de 3000 personnes pour continuer la fête derrière des barricades et qu’elles se sont attaquées aux forces de l’ordre faisant des blessés dans les rangs de ces derniers provient d’une imagination prodigieuse animée d’un esprit malin.

Rien ne s’est passé comme il dit et vous pouvez vous referez à nos explications au début de ce texte. Il n’y a pas eu de première dispersion, de reprise de la célébration, de pose de barricades. Puis le nombre de 3000 personnes comme  présentes sur le site nous apparait exagéré car la population de Koka ne fait pas 3000 âmes. Renseignez-vous au moins auprès des services de recensement.

Les forces de l’ordre anti COVID-19 n’ont rencontré aucune résistance ou opposition quand elles ont débuté leur intervention avec une violence inouïe comme si elles sont venues traquer des bêtes sauvages qu’elles ne pouvaient pas raisonner. Il est difficile de croire qu’une force anti COVID-19, supposée protéger les populations des humains que nous sommes, se comporte comme traquant des animaux.  Dans un pays habité par des humains, même les animaux ne sont pas ainsi traités comme l’a été la population de Koka. Il est inconcevable qu’on puisse provoquer la mort des humains dont on a la responsabilité de protéger la vie et rester insensible en racontant des balivernes.

Ce qu’a dit le ministre s’apparente à un gros mensonge qui a pour objectif de justifier la violence inouïe exercée sur des populations à mains nues et ayant conduit aux graves dégâts en vies humaines et matériels. Le traumatisme subi ne s’effacera pas de sitôt.

Pour avoir dit tout ce qu’il voulait sauf la vérité et terminer par déplorer l’incident et condamner les actes de violence sans reconnaitre les vrais responsables et en foulant aux pieds les règles élémentaires de justice, gages de tout apaisement et du pardon, nous demandons si le civisme est seulement pour le peuple qui ne demande rien d’autre qu’a être protégé? Sinon, pourquoi le ministre ne donne-t-il pas le bel exemple?

Les dégâts survenus lors de cette intrusion brutale et inouïe de la force anti- COVID-19  sont radicalement en contradiction avec l’affirmation que les mesures prises par le gouvernement n’ont pour seul but que la lutte contre la propagation de la COVID-19. Il est inconcevable de détruire les vies qu’on veut protéger. Nous sommes en droit de nous poser la question : c’est quoi la rigueur de la loi quand on fait face aux humains qui ont un cerveau, possède une intelligence et sont donc capables de reconnaître toute erreur de leur part et s’amender sur le champ? Est-il nécessaire de les violenter plus même qu’on ne le ferait pour une bête sauvage?  Est-ce qu’une force qui agit de la sorte ne nous autorise pas à traiter ses membres de brutes? En tant que Togolais, allons-nous accepter d’avoir des brutes comme parents, frères?

L’intervention des forces anti-COVID-19 pendant quelques heures à Koka, a causé plus de dégâts aux populations que le COVID-19 en a fait en neuf mois. La barbarie des forces anti COVID-19 est d’autant plus injuste et injustifiée que la situation du peuple nawda dans Doufelgou n’a jusqu’à présent pas eu à déplorer des pertes en vies humaines attribuables à cette maladie de COVID-19 dont personne ne minimise la gravité. Dieu soit loué ! Le peuple nawda est loin d’être un peuple indiscipliné quant à son respect général des mesures barrières et autres mesures édictées par les autorités du pays pour protéger le peuple contre COVID-19. 

En conclusion, cette sortie de notre Ministre de la Sécurité et de la protection civile, Yark Damehane, involontairement ou volontairement tendancieuse est tombée sur le peuple nawda déjà dans la douleur, comme du plomb lancé sur lui pour l’écraser. En tant que filles et fils nawda conscients et intègres, nous tenons à exprimer clairement ici notre mécontentement et notre dégoût dans ces circonstances. C’est avec regret que nous constatons que notre ministre éprouve toujours grand plaisir là où nous éprouvons la douleur surtout en ce qui concerne notre sécurité. Sommes-nous aussi des Togolaises et Togolais qui ont droit d’être protégés?

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