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Lomé, le 06 août 2008 -
Si jusqu’à ce
jour la question des inondations préoccupe tant la presse, c’est dû au fait
que les dégâts enregistrés sont toujours sous les regards. Plus de 9 ponts
cassés, des champs et maisons dévastés, des dégâts matériels, des pertes en
vies humaines, c’est le triste bilan de cette catastrophe naturelle qui n’a
pas encore dit son dernier puisqu’on nous signale qu’à l’intérieur du pays
plus précisément à Sotouboua et à Kara, elle aurait déjà fait d’importants
dégâts matériels et des victimes
Et comme on
pourrait s’y attendre, le gouvernement, les donateurs, les associations, les
ONG volent au secours des sinistrés pour leur apporter des vivres, des
médicaments, des effets vestimentaires etc. Pour la circonstance, les
autorités togolaises ont lancé un appel à la solidarité internationale et
déjà les forces armées ghanéennes et françaises de l’opération Licorne ont
répondu à l’appel et sont aux côtés de leurs homologues du Togo pour
apporter assistance et recours aux sinistrés.
Pendant que
certains partis politiques, par des communiqués, expriment leur compassion
aux victimes et font des propositions pour des interventions urgentes,
d’autres par contre pour toucher du doigt les dégâts causés par les
inondations se sont rendues dans les zones sinistrées ou dans les centres
d’accueil avec des couvertures, vivres et autres.
Nous avons
approché certains citoyens qui donnent leur avis sur la gestion de cette
situation par le gouvernement et les partis politiques. « C’est une bonne
chose que le gouvernement, les acteurs sociaux et certaines formations
politiques pensent aux sinistrés. Mais le plus important est le
rétablissement de la situation avec la réparation des ponts. Puisque c’est
la destruction de ceux-ci qui engendre la hausse vertigineuse des denrées
alimentaires car les véhicules qui devraient acheminer les vivres de
l’intérieur du pays vers la capitale sont obligés de faire des
contournements assortis d’autres tracas liés à l’impraticabilité des voies
de fortuite» nous a déclaré un cabiniste au grand marché de Lomé.
« Les aides sont toujours les bienvenues surtout dans les moments de
catastrophes que nous connaissons. Selon les informations recueillies à
travers les médias, les acteurs impliqués font de leur mieux » a laissé
entendre un passant rencontré au carrefour de Décon. Même son de cloche du
côté des apprentis chauffeurs. Deux apprentis que nous avons rencontrés dans
le secteur du grand marché de Lomé et qui ont refusé de décliner leur
identité pensent que les aides quelque soit leur taille, sont toujours
bonnes, c’est la réparation des ponts qui, selon eux, est plus important.
« Nous sommes de Yoto et avant d’effectuer un voyage pour aller au
village, il faut dépenser
2500f cfa contre
1500f cfa auparavant. Ceci parce que les ponts étant hors
d’usage, il faut contourner en passant par Anèho. Il faut que les autorités
se penchent le plus rapidement possible sur ce cas »
a indiqué l’un d’entre eux
Pour une femme commerçante de sacs de riz au grand
marché de Lomé, marcher dans ces eaux engendre des maladies. « J’étais
moi-même victime d’une inondation, confie-t-elle. Le fait de faire des va et
vient dans ces eaux à la récupération du reste de ses effets non encore
récupérés de la zone inondée, on finit par attraper des maladies puisque
l’eau monte jusqu’au niveau de la poitrine. Moi qui suis ici j’ai la maladie
de hanche à cause du sinistre d’inondation. Donc le gouvernement doit faire
en sorte que les sinistrés soient suffisamment dotés de médicaments et les
sensibiliser afin de ne pas à chaque fois traverser les eaux. Que celui-ci
essaie de prévenir les catastrophes à venir car ce n’est pas la première
fois qu’on connaît cette situation d’inondations ; seulement que celle-ci
est à grande échelle. »
Tout comme les avis sont unanimes en ce
qui concerne les aides aux sinistrés, ils le sont également quant aux
tentatives de politisation de la situation. Presque tous les interrogés ont
condamné avec fermeté ces pratiques qui visent à détourner les Togolais de
l’essentiel. La commerçante de sacs de riz citée plus haut souhaite « que
ces formations politiques qui profitent du drame pour faire de la campagne
soient balayées de la scène politique car elles ne font rien de concret. Il
faut qu’un élément nouveau émerge pour sauver le pays. » Pour un patron
d’un atelier de menuiserie, « le drame qu’on connaît actuellement n’est
pas un phénomène politique. Si quelqu’un veut faire des dons, il n’a qu’à se
départir de toute considération politique. Les œuvres sociales à l’endroit
des sinistrés n’ont pas besoin d’être politisées. On n’en a marre dans ce
pays. Des manipulations de conscience qui n’emmènent nulle part. » Un
conducteur de taxi moto va plus loin et se veut plus incisif : « qui sont
ces partis qui, à défaut de redresser la barre, nous font voir ces
spectacles alarmants ? Nous savons qu’ils ne sont pas à la hauteur parce
qu’ils nous ont montré leurs limites. Qu’ils laissent le jeu politique aux
jeunes vaillants et s’éclipser. »
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