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L’économie togolaise frappée à pleins fouets par l’effondrement du pont d’Amakpapé
AgoraPress - Tchassoua Songoï

Lomé 4 août 2008 - L’effondrement total du pont sur le fleuve Haho à Amakpapé, village situé à 100km de  Lomé et à 17km de la ville de Notsè sur la nationale n°1 a engendré d’innombrables conséquences. Au plan économique, cette catastrophe naturelle survenue à la suite des pluies diluviennes a plusieurs effets négatifs à des niveaux divers de la vie de la nation.

Le Port Autonome de Lomé, poumon de l’économie togolaise est privée d’une source de revenu pas des moindres
Le Togo est l’un des pays qui desservent les pays de l’hinterland, à savoir le Burkina-Faso, le Niger, et le Mali. Les produits en direction de ces trois pays ont toujours transité par le territoire togolais. Le port autonome de Lomé (PAL) d’où partent des milliers de tonnes d’articles et de véhicules n’est pas en mesure d’effectuer ce convoyage quotidien à cause de l’effondrement du pont d’Amakpapé sur la nationale n°1. Seules les structures de cette voie sont capables de supporter aisément toutes les charges, même les véhicules hors gabarit. Au Port, dans les parcs de stationnement, il n’y a pas de mouvement. « Regardez tous les véhicules, nous les avons chargés depuis  samedi
(Voir images à droite).

Tout était prêt pour qu’on quitte dimanche, nous sommes là aujourd’hui, sur place », se plaint M.SAWADOGO Rémi, conducteur burkinabé d’engins lourds, visiblement fatigué. Il fait le tronçon Lomé-Ouaga. Les parcs de stationnement sont débordés de véhicules. Sur le quai, plusieurs bateaux ont accosté mais il n’y a pas de déchargement .Au sein des parcs, des gymnastiques se font pour trouver des espaces encore exploitables. Cet immobilisme généralisé a occasionné déjà d’immenses pertes pour le PAL. « Ce que nous avons perdu en recettes seulement durant ces jours d’inactivité est très énorme » déclare M. PIGNANG  Auguste,  coordinateur de l’Opération Solidarité sur
la Mer, une unité du PAL chargée de convoyer les véhicules et autres articles vers les pays du Sahel. « Nous convoyons environ 500 véhicules par jour. Or chaque véhicule, dans le cadre des accords de l’UEMOA, verse 20.000f CFA au trésor public togolais. Alors, vous imaginez combien sont énormes les dégâts », précise-t-il. Pire encore, le port togolais va perdre certainement des clients au profit des autres ports de la sous région. Le Directeur commercial du Port M. NENE Wili que nous avons rencontré a souligné le risque d’engorgement du port si rien n’est fait dans les jours à venir. « Nos clients des pays de l’hinterland risquent de changer de partenaires, opter pour les ports Téma et de Cotonou si la situation perdure jusqu’à un mois ». Il a souhaité qu’une solution immédiate soit trouvée au problème. « Vous savez, nous n’avons que la voie terrestre pour traiter avec nos amis des pays du Sahel. Il faut que les autorités pensent à d’autres voies que sont les voies ferrées. Un port sec à Blita, oui pourquoi pas aller au-delà »  Il a demandé que les journalistes ne tirent pas trop sur la sonnette d’alarme car cela peut arriver à n’importe quel pays au monde. Seulement une solution immédiate mérité d’être préconisée pour que le trafic  redevienne normal. Le  PAL n’est pas le seul secteur qui souffre des effets liés à cette calamité naturelle.

LE FER et les sociétés de distribution des produits pétroliers sérieusement affectés
Sur les voies terrestres au Togo, il est institué des postes de péage. Pour le moment il y en a quatre. La nationale n°1 paralysée par l’effondrement du pont d’Amakpapé dispose de 2 postes, un à Davié et un autre à l’entrée de la ville de Sotouboua. Depuis dimanche, la densité du trafic sur cette voie ayant baissée sensiblement, les recettes du Fonds d’Entretien Routier (FER) ont pris un coup dur. « Les recettes de péage sur la nationale n°1 représentent les ¾ des revenus de tous les postes de péage au Togo », a déclaré M. X, guichetier au poste de péage de Davié. Il poursuit à voix basse : « Je suis désoeuvré depuis ce dimanche, or nous sommes traités là-bas journalièrement ». Il s’indigne de l’irresponsabilité des autorités  chargées des routes au Togo. « N’y a-t-il pas un contrôle des infrastructures routières au Togo ? Pourquoi en est-on arrivé là ?» se demande-t-il.  Même son de cloche au sein des sociétés de distribution de produits pétroliers. A la société Cap, un gérant qui a requis l’anonymat nous confie que la catastrophe d’Amakpapé a énormément réduit leurs recettes. « Chaque jour depuis ce “dimanche noir”, nous perdons plus de 50% de nos recettes habituelles ».

Le pouvoir d’achat des populations s’amenuise

 Mise à part ces conséquences, il faut signaler que ce sont les populations qui, quotidiennement, payent de  lourds tributs avec un pouvoir d’achat qui s’amenuise de jour en jour. Comme mesures immédiates, le gouvernement togolais a annoncé la déviation par Kpalimé, une ville située à l’Ouest. Du coup, les tarifs du transport en commun sont révisés à la hausse. Ces tarifs sont passés de 2300 à 3000 F CFA pour Lomé-Atakpamé, de 4800 à 6500f CFA pour Lomé- Sokodé, de 5300 à 7500F CFA pour Lomé- Kara et  de 8500 à 10.000F CFA pour Lomé- Cinkassé. D’autre part, les coûts engendrés par  la déviation se répercutent sur les marchandises, affectant sérieusement le pouvoir d’achat, déjà inexistant, des Togolais. Le prix d’un bol de maïs (céréale la plus consommée), précédemment fixé à 850F est monté à 1500F CFA au moins .Celui du haricot est passé de 1200F à 1800F CFA ; le sac du charbon de bois, quant à lui, va de 9.000F à 14.000F CFA. On assiste à des augmentations anarchiques des prix d’autres produits de première nécessité, ce qui complique la survie des populations déjà secouées par la cherté de la vie qui n’a toujours pas trouvé de solutions.

Des retombées économiques plus graves à venir

La route de Kpalimé est très étroite. De plus, elle est moins solide. « Elle n’était pas faite pour supporter le trafic auquel on le soumet aujourd’hui. Il faut donc s’attendre à une détérioration accélérée de cette voie » qui va certainement occasionner, dans les prochains jours, des dépenses supplémentaires, a souligné le Journal « LA DEPECHE » dans sa parution n°429 du 30 juillet 2008, sans oublier non plus la multiplication d’autres types d’accidents liés à l’étroitesse de la voie.

Outre le pont d’Amakpapé, on enregistre également pendant les 3 derniers jours l’écroulement de 8 autres ponts dans les préfectures de Zio, de Yoto, de Vo et du Golfe, toujours dans le Sud du pays. On signale par ailleurs qu’un pont sous les rails a également sauté et deux tronçons de chemin de fer immergés.

Durant la même semaine, le gouvernement a multiplié des réunions de crises et des  rencontres avec ses partenaires en développement pour réfléchir sur la catastrophe d’Amakpapé et d’autres dégâts liés aux inondations qui frappent sévèrement le pays. Exacerbés, les Togolais sont impatients de trouver des solutions définitives pour juguler la crise en vue d’arrêter cette hémorragie économique qui risque d’engloutir tout le pays.

Des camions gros porteurs immobilisés

Des conteners entassés

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Titan chargé mais immobilisé

Des camions gros porteurs immobilisés

Bateau acosté plein de conteners attendant d'être déchargé

Un autre bateau qui arrive avec plein de conteners

Nouveaux cars arrivés en attente d'être embarqué

Les venus d'Europe ne connaissent pas l'affluence habituelle

Bateau acosté plein de conteners attendant d'être déchargé

 
 
 
 

 

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