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Pénurie du carburant à Kara : Les stations d'essence entendent faire de gros profits
AgoraPress - Par Justin Hèzu Tiyé


zemidjan
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Kara - 1er Août 2008 - La hausse des prix sur les marchés dans le monde ne surprend plus. Dans certains pays, au Cameroun par exemple, cette hausse des prix a été suivie d’une augmentation sensible des revenus des salariés. Dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, c’est le train de vie de l’Etat et les revenus des ministres qui ont été revus considérablement à la baisse.

Au Togo c’est tout le contraire. Pour lutter par exemple contre le trafic international  clandestin du ciment, le gouvernement togolais n’a eu d’autres mesures que d’augmenter le prix de la tonne, donc du paquet. Depuis deux jours des rumeurs de plus en plus fortes circulent que le prix du carburant à la pompe sera augmenté dès le 1er août 2008. Si aucun prix exact n’est prononcé, ces rumeurs ont amené les 8 stations d’essence à fermer les robinets depuis le 30 juillet 2008. Les 8 stations d’essence, (2 stations de Shell, 4  de Total, 1 de Texaco et 1 autre de Cap Esso), ont refusé de ventre, attendant de faire des bénéfices le 1er août quand le prix du litre à la pompe aura augmenté.
On dit déjà que le litre coûte 505 francs cfa dans certaines stations.

C’était donc un spectacle de désolation lamentable, surtout à la grande station Shell au rond point de Kara. Des files entières de voitures, de camions et de motos suppliaient qu’on leur vende, ne serait-ce qu’un litre. Il faut rappeler que le propriétaire de cette station n’est personne d’autre que monsieur Bèguêdou. un barron du système dont l’origine de la fortune suscite d’énormes interrogations. Il est aussi le propriétaire de la société de transport LKL (Lomé – Kara – Lomé), avec deux longs cars d’une capacité de 60 places assises chacun, qui relient chaque jour les deux grandes villes du Togo, Lomé et Kara.

L’inspecteur des contrôles de prix, n’a eu aucun respect lorsqu’il est intervenu à Shell.  On l’a envoyé balader. Malgré sa menace de rendre compte au ministre, cette station a refusé de vendre. On lui a même jeté à la figure que c’est le patron de Shell qui fait nommer les ministres. Seule une station Total, qui précédemment portait l’enseigne de Mobil, a accepté de vendre mais s’est limitée à 10 litres pour tout le monde. Pas plus.

Les usagers d’engins roulants ont été obligés de faire le plein de leur réservoir chez  les détaillants
qu’on voit à chaque angle de nos rues. Ceux-là justement à qui il était pourtant interdits d’exercer à cause "des risques élevés d’incendie que leur activité présente".

Au matin du 31 juillet encore, les stations étaient fermées jusqu’autour de 9 heures TU. La misère  des Togolais, n’est pas le problème du gouvernement. L’effondrement du pont au niveau d’Amakpapé n’est pas pour arranger les choses. Les minibus ont augmenté déjà les tarifs  de Lomé – Kara. Précédemment de 5300 francs, le détour par Kpalimé a induit une augmentation de 2000 francs, soit un tarif de 7 300 f pour un voyage aller. Comme si le passager était coupable de cette chute du pont d’Amakpapé, un héritage, comme la plupart de nos infrastructures routières, de la colonisation.

Pourtant on se souvient des marches de soutien qui louaient le général Eyadema comme bâtisseur du Togo. 
On parle déjà de plus de 9 pont endommagés out détruits. Le détour des camions remorques par Kpalimé, entraînera sans nulle doute d’autres cessions de ponts vétustes et exigus.

Le plus curieux, c’est l
a nonchalance du gouvernement. En attendant la réaction de la communauté internationale suite à l’appel au secours lancé par ce gouvernement dont les proches parents vivent à New York, Paris, Berlin ou Amsterdam, ayez une pensée triste pour le pauvre peuple toglais. Comment peut-on être fier de diriger un pays qui tombe en lambeaux comme une vieille maison tombée en ruine? Comment? Le gouvernement de Faure peut-il au moins prendre des dispositions urgentes pour mettre un terme à cette anarchie des commerçants véreux et cupides.  C’est peu de dire que le Togolais est asphyxié par toute cette hausse des prix. La vérité est qu'il meurt chaque jour. Avec cette inondation, ce pays devra être rebaptisé le mouroir de l'Afrique de l'Ouest.

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