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Rupture confirmée avec son ami de toujours : Agbéyomé Kodjo porte sur les fonts baptismaux son parti politique samedi
Liberté Hebdo du 29 juillet 2008
C’est officiel. L’ancien Premier ministre du Togo, Messan  Agbéyomé Kodjo, est en voie de créer son propre parti politique.

Selon un communiqué remis à la presse, « le président du Comité chargé de la création du parti de son Excellence Messan Agbéyomé Kodjo, ancien Premier ministre, informe les membres fondateurs » que l’Assemblée constitutive aura lieu samedi 2 août 2008 à Brotherhome. A l’issue des travaux ce jour, le parti sera officiellement créé. Pour l’heure, son nom n’est pas dévoilé. Rendez-vous samedi.

Ce projet confirme que le pont est rompu entre Agbéyomé et Péré Dahuku, les deux amis de toujours. Ministres au temps du parti unique RPT, ils ont été remarqués à 
la Conférence nationale dans une rocambolesque affaire de complot contre ces assises. Le premier a dû sortir des larmes pour clamer son innocence alors que le second a eu recours à sa bonne foi, lui, « apprenti chrétien ». Depuis lors, ils ont fait chemin ensemble jusqu’en 2002 quand Péré publia un brûlot dans lequel il demandait beaucoup plus de démocratie au sein du parti au pouvoir. Crime de « lèse-président » ? En tout cas, sa voix n’eut dans cette « jungle » aucun écho si ce n’était celui de son compère. Une audace qui n’a pas plu  au maître des lieux qui s’est juré d’avoir la peau de ce natif de Tokpli (Yoto). Il a fallu des détours avant qu’il ne s’exile en France. Loin des yeux, mais près du cœur. Les deux amis ont continué de se côtoyer jusqu’au 8 avril 2005, date du retour au bercail d’Agbéyomé.

Après la parenthèse de prison, ils scellèrent en septembre 2005 « L’Alliance », leur parti politique. Cette « alliance » entre le Nord symbolisé par Péré et le Sud par Agbéyomé, avait pour mission d’en finir avec l’instrumentalisation démagogique de la géographie politique fondée sur la division de
la République en Nord-Sud. Pour eux, un air nouveau ne soufflerait sur le Togo qu’« à condition que les Togolais acceptent d’éviter les querelles intestines qui font qu’ils ne peuvent pas unir leurs forces pour dominer l’adversité et travailler ensemble pour construire le pays ».

Comble de malheur, les deux amis ont été attaqués par le virus qui ronge les forces démocratiques : « les querelles intestines ». Les deux co-présidents « alliancés » ne se comprenaient plus. Des camps se sont formés autour d’eux. Et les querelles ont continué jusqu’à ce que l’« apprenti chrétien » ne s’empare des reliques du parti. Ainsi, chacun a choisi son camp.

R. Kédjagni

 
Le Togo s’écroule sous Faure Gnassingbé : Sept axes routiers et ferroviaires impraticables, plusieurs villages inondés

.Reportage à Amakpapé et à Togblékopé
A en croire les autorités togolaises, les axes Hahotoé-Kpémé, Lomé-Tabligbo, Lomé-Blitta du réseau ferroviaire sont impraticables, de même que les axes routiers Hahotoé-Kpémé, Tsévié-Tabligbo, Tsévié-Kévé, et Lomé-Tsévié. Les villages qui sont situés le long des vallées du Zio et de Haho sont inondés.

          Le drame à Amakpapé et à Togblékopé relaté dans ce reportage de notre envoyé spécial.

Situé à environ 80 km au nord de Lomé, le pont entre Gamé et Amakpapé sur la nationale N°1 a cédé sous la crue du fleuve Haho, le samedi 26 juillet dernier. Sur son passage, le fleuve n’a pas fait les choses à moitié. Il n’a pas seulement emporté dans son sillage le pont mais aussi  il a ravagé des champs de maïs, de mil, de coton et autres cultures. C’est la désolation totale au sein de la population.

Cette rupture du pont sur la nationale N°1 n’est pas sans conséquences, surtout socio-économiques. Sur le terrain du sinistre, les témoignages sont poignants. Cette situation dramatique est pourtant pour certaines personnes une source de profits (arnaque et racket). Ne sont pas seuls à se livrer à ce jeu, les jeunes de la localité, mais aussi des syndicats. « A quelque chose malheur est bon », se disent-ils sûrement.

          Kodjo Sikirou, un témoin de l’effondrement du pont, raconte : « Je transportais (ndlr : il faisait du taxi-moto) une fille qui se rendait à Amakpapé. A quelques mètres du pont je vis que le courant d’eau était davantage fort car  il tourbillonnait violemment. Tout près, j’ai senti que le pont d’un côté craquait et l’eau passait déjà. Devant un véhicule administratif suivi d’une Toyota Corola et d’une Mercedes Benz, je gare ma moto alors que les deux premiers véhicules ont rebroussé chemin. L’homme de la Mercedes et moi avons approché le pont afin de voir ce qui se passait. De l’autre côté du pont venait une semi-remorque à qui nous faisions signe de s’arrêter et le chauffeur obtempéra. Entre-temps, j’étais allé chercher des jeunes du village pour venir eux aussi constater ce qui se passait. Soudain, quinze minutes après, aux environs de 7h30, le pont s’est effondré sous  nos yeux ». « Il y avait un peulh sur une moto qui venait à vive allure. En dépit de tous les signes qu’on lui faisait, il n’obtempéra pas. Ainsi, lui et sa moto se jetèrent à l’eau. Heureusement pour lui qu’il a pu nager jusqu’à la rive avant d’être secouru. Ce n’est qu’après qu’il fit comprendre aux gens qu’il croyait aux braqueurs et surtout qu’il revenait de la vente des bétails et qu’il avait d’importantes sommes d’argent sur lui », ajoute un autre témoin de la scène.

          « Le pont a complètement cédé. Aussitôt j’ai alerté les autorités. J’ai reçu des instructions et j’ai réuni les jeunes afin que soit barrée la route. Aux environs de 15 h, le PM arriva avec sa délégation et ils ont constaté les dégâts. Donc, la nationale N°1 est coupée. Voilà la population a des problèmes. Je vais vous dire comment ça se passe. Les chambres sont cassées. Tous ceux qui ont du maïs dans leurs champs, tout est ravagé par l’eau. Il y aura la famine dans ce village. Pire, c’est l’eau de Haho là que nous buvons. Parce que s’il faut prendre cette eau là dans son état actuel, nous aurons de la diarrhée ou le choléra», déclare M. Wadé L. Léonard, Chef de Togbo-Amakpapé. Pour les populations, c’est la peur au ventre. « Nous avons reçu des semences que nous avons déjà semées. Nous venons de passer les intrants pour le coton. Et voilà que l’eau vient de tout emporter. La SOTOCO ne comprendra pas certainement cette situation. Elle nous réclamera à tout prix ces forfaits. Déjà, nous ne savons pas quoi faire pour résoudre ce problème », explique un paysan dont le champ est entièrement passé sous les eaux à Kabosse-Kopé     

          « Suite à l’évènement, nous les jeunes de la localité, nous sommes réunis pour décider de comment aider les voyageurs. Nous avons aussitôt cherché des bois pour boucher les trous du pont des chemins de fer afin de permettre aux voyageurs de passer par ici. Tout ceci moyennant quelque chose par exemple pour les piétons, 50 à 100 Fcfa et 200 Fcfa pour ceux qui ont des motos », confie Kélé Mazama, le Chef du péage de fortune. Pour la destination des recettes : « Nous avons un CVD (Comité Villageois de Développement) à qui nous donnerons une partie et le reste pour tous les jeunes qui ont travaillé d’arrache-pied pour avoir ce passage », indique-t-il. Il faut signaler que les conflits entre les agents du péage et les passants sont monnaie courante dans la mesure où les tarifs sont appliqués à la tête du client.

 « Voulez-vous tirez profit sur notre dos ? Ce n’est pas bon de nous compliquer la situation. Déjà au marché, les prix ont flambé d’un cran. Vous autres, vous nous amenez à des frais supplémentaires car le nombre de fois que nous passons vous nous prenez des sous. A combien irons-nous vendre ces produits pour avoir gain de cause ?», se plaint une dame.

          A Togblékopé, c’est le même son de cloche. Les trois ponts étaient submergés par le torrent du fleuve Zio. Le courant était si fort que les véhicules étaient interdit de circulation, créant ainsi un autre «no man’s land ». Pour les conducteurs de taxi-moto, c’est la joie car les prix ont flambé. «Vraiment, il y a une malédiction qui plane sur notre pays. Le fleuve passe souvent violemment sous ces ponts mais, jamais jusque sur le pont. Mon inquiétude, c’est que ces ponts sont tellement vieux que je ne crois pas qu’ils pourront tenir beaucoup plus longtemps. Si ceci continue encore pour deux jours de plus, c’est sûr qu’ils vont eux aussi s’effondrer. Moi, je ne sais pas ce que font nos autorités », vocifère Louis qui a bravé la peur, traversant le courant d’eau avec tous les risques possibles. 

Didier Ledoux


Pluies diluviennes et effondrements des ponts : Après  le cas  Amakpapé,  la préfecture  de Yoto coupée de Lomé

        La presse s’est toujours époumonée à  rappeler la vétusté des infrastructures routières au Togo, histoire d’attirer l’attention des gouvernants afin qu’ils prennent des mesures idoines pour les remettre en état. Mais les autorités ont toujours fait la sourde oreille. C’est dans cette dynamique qu’est survenu le drame d’Amakpapé samedi dernier.

Amakpapé

          Les pluies diluviennes qui tombent depuis quelques temps ont eu raison du pont de la localité. Il a été emporté par les eaux furieuses. Conséquence, la nationale n°1 est sectionnée et Atakpamé est coupée de Lomé. « La route est divisée par deux », a dit un jeune élève du cours primaire, appréciant ainsi le sinistre à sa manière, en des termes mathématiques. Pour revenir aux choses sérieuses, tout a l’air d’une voie qui vient échouer dans le vide. Mieux, dans les eaux.

Yoto coupée de Lomé

          Nos fameuses autorités ont à peine le temps de constater les dégâts que déjà, on signale un fait similaire dans la préfecture de Yoto. Un pont aurait cédé sur le tronçon Lomé-Tsévié-Tabligbo, précisément au niveau du village Tchékpo-Dédékpoè. Rupture de pont qui isole donc la préfecture de Yoto. Elle est complètement coupée de Zio. Et pour rallier Lomé, on est obligé de passer par Vogan et Aného.

Les palliatifs

          En attendant de voir les gouvernants enclencher sur la Nationale n°1 de « grands travaux»-c’est un terme générique-, ils n’ont pensé que déviation. Naturellement, c’est le ministre des Transports,  Célestin Ekpaou Talaki qui s’est mis en scène. «…Dans les mesures urgentes, nous allons rétablir la circulation en érigeant des barricades à 200 mètres à l’Est de l’ouvrage qui a été détruit. Avant ça, avec l’aide du ministère de l’Administration territoriale et du ministère de la Sécurité, nous avons alerté toutes les préfectures, toutes les stations taxis pour informer les gens qu’en venant du Nord, on doit dévier à partir d’Atakpamé, passer par Kpalimé et venir à Lomé. Si on est au Sud, on doit aller Lomé-Kpalimé-Atakpamé. Nous avons aussi la route entre Notsè et Agou … », s’est contenté de dire le ministre. Ainsi la voie Atakpamé-Kpalimé est réquisitionnée pour les besoins de la cause ;  et d’autre part, les poids lourds en provenance du Port autonome de Lomé doivent passer par le pont rail. Mais ces solutions de rechange sont-elles à risque zéro ?

Risque d’un Amakpapé bis

          Il est à craindre que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets. Car l’état de ces voies de secours n’est pas enviable. La voie Agou-Notsè n’est rien d’autre qu’une piste rurale, même si M. Talaki a usé d’euphémisme et parlé de « route en terre moderne ». Une petite comparaison : les boulevards et avenues de Lomé la capitale font faire des cauchemars aux petits enfants à cause de leur état piteux ; c’est à imaginer le sort des pistes.  Si à Lomé on pense très vite au replâtrage, les pistes rurales ne jouissent pas de ce privilège et ne sont réhabilitées qu’à chaque reprise de Coopération avec l’Union Européenne.  Les nids-de-poule qui s’y trouvent peuvent avaler une famille de rhinocéros. Ceux qui ont eu la chance d’emprunter cette voie se rendront certainement compte de la réalité.

          Il y a en plus là-dessus un pont qui chancelle. Le ministre Talaki y a justement fait allusion. « Il y a aussi un pont là qui est en train d’être menacé par l’eau », a-t-il dit, avant de rassurer: « Les techniciens sont en train de vérifier si ce pont est praticable ». Ce ne sont que des déclarations de dirigeant, qui ne sauraient minimiser le danger. Il y a risque d’un Amakpapé bis. Le ou les ponts construits sur cette voie sont à la mesure du poids des véhicules qui l’empruntent. Ce sont des poids légers, souvent des véhicules de transport en commun cinq (05), neuf (09) ou douze (12) places. Si donc aujourd’hui ces ponts doivent accueillir des semi-remorques, de gros porteurs, c’est à imaginer le risque que l’on court.

          Le risque n’est pas moindre quand il s’agit pour les poids lourds, d’emprunter la route de Kpalimé, voie qui n’a pas l’habitude d’en accueillir. En effet il existe un pont à problème à Tové Agbessia, localité située tout prêt de Kpalimé. Le pont en question supporte, pour l’instant, le passage des véhicules, mais il est endommagé en bas et laisse voir beaucoup de fissures. Et s’il doit aujourd’hui supporter à un rythme plus accentué ces poids lourds, le risque d’un effondrement est donc grand.

Le tronçon Kpalimé-Atakpamé pose d’ailleurs problème. Certains l’appellent  « sentier bitumé », voulant décrire cette voie. C’est son étroitesse qui est donc décriée.  Selon les usagers, cette voie est difficilement applicable en temps normal. Ce n’est donc pas en ces temps de pluies diluviennes que la situation s’améliorerait. En plus, cette route est assez tortueuse, ce qui ne faciliterait pas les manœuvres aux titans.

Manque de maintenance

          Le bon sens ne comprend pas comment on en est arrivé là. La question triture les méninges et beaucoup en arrivent à la conclusion du manque de suivi des infrastructures routières. Cette hypothèse est plausible, car un pont tel que celui d’Amakpapé ne saurait céder comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Le pont devrait  avoir logiquement amorcé son processus de dégradation depuis un bout de temps, et les pluies diluviennes de ces derniers temps  ne seraient venues que lui porter le coup fatal. On aurait donc pu prévenir cette catastrophe, s’il y avait un suivi régulier de ce pont, et par ricochet de toutes les infrastructures routières. Ce n’est que le manque de visite, et donc de maintenance qui a entraîné cet effondrement. C’est d’ailleurs  le péché mignon des gouvernants togolais.

          Au demeurant, cette catastrophe va certainement ronger l’économie togolaise. La Nationale n°1 est la voie par excellence qui dessert les pays de l’Hinterland. Toutes ces tracasseries de déviation risquent de dégoûter les partenaires économiques. Un ou deux renversements de titans sur ces voies de secours et ils changent d’avis, et iront à la recherche du mieux-être sous d’autres cieux. C’est ici qu’il est à craindre qu’ils ne se replient sur les pays voisins qui offrent de meilleures infrastructures pour leur approvisionnement. Déjà certains chauffeurs de ces titans à destination de l’Hinterland, surtout ceux qui transportent des effets périssables redoutent la dégradation de ces articles vu le temps fou qu’ils sont obligés de mettre à cause de ces tracasseries de déviation, et d’autres proposent de passer par le Ghana ou le Bénin pour rallier leur pays de destination.                   

Tino Kossi


Rupture confirmée avec son ami de toujours : Agbéyomé Kodjo porte sur les fonts baptismaux son parti politique samedi

        C’est officiel. L’ancien Premier ministre du Togo, Messan  Agbéyomé Kodjo, est en voie de créer son propre parti politique.

          Selon un communiqué remis à la presse, « le président du Comité chargé de la création du parti de son Excellence Messan Agbéyomé Kodjo, ancien Premier ministre, informe les membres fondateurs » que l’Assemblée constitutive aura lieu samedi 2 août 2008 à Brotherhome. A l’issue des travaux ce jour, le parti sera officiellement créé. Pour l’heure, son nom n’est pas dévoilé. Rendez-vous samedi.

          Ce projet confirme que le pont est rompu entre Agbéyomé et Péré Dahuku, les deux amis de toujours. Ministres au temps du parti unique RPT, ils ont été remarqués à  la Conférence nationale dans une rocambolesque affaire de complot contre ces assises. Le premier a dû sortir des larmes pour clamer son innocence alors que le second a eu recours à sa bonne foi, lui, « apprenti chrétien ». Depuis lors, ils ont fait chemin ensemble jusqu’en 2002 quand Péré publia un brûlot dans lequel il demandait beaucoup plus de démocratie au sein du parti au pouvoir. Crime de « lèse-président » ? En tout cas, sa voix n’eut dans cette « jungle » aucun écho si ce n’était celui de son compère. Une audace qui n’a pas plu  au maître des lieux qui s’est juré d’avoir la peau de ce natif de Tokpli (Yoto). Il a fallu des détours avant qu’il ne s’exile en France. Loin des yeux, mais près du cœur. Les deux amis ont continué de se côtoyer jusqu’au 8 avril 2005, date du retour au bercail d’Agbéyomé.

Après la parenthèse de prison, ils scellèrent en septembre 2005 « L’Alliance », leur parti politique. Cette « alliance » entre le Nord symbolisé par Péré et le Sud par Agbéyomé, avait pour mission d’en finir avec l’instrumentalisation démagogique de la géographie politique fondée sur la division de la République en Nord-Sud. Pour eux, un air nouveau ne soufflerait sur le Togo qu’« à condition que les Togolais acceptent d’éviter les querelles intestines qui font qu’ils ne peuvent pas unir leurs forces pour dominer l’adversité et travailler ensemble pour construire le pays ».

Comble de malheur, les deux amis ont été attaqués par le virus qui ronge les forces démocratiques : « les querelles intestines ». Les deux co-présidents « alliancés » ne se comprenaient plus. Des camps se sont formés autour d’eux. Et les querelles ont continué jusqu’à ce que l’« apprenti chrétien » ne s’empare des reliques du parti. Ainsi, chacun a choisi son camp.

R. Kédjagni


Sans détour : Togo : Vie chère, pont cher
« Nous sommes une génération sacrifiée. Nous ne sommes pas seulement des vaincus » (Charles Péguy, Cahiers de la quinzaine)

Le monde est en train de tomber sur le Togo. Depuis novembre 2007, mois de la notification officielle de la reprise de la coopération avec notre pays par les partenaires, les populations font face au phénomène de la vie chère. Les prix des produits de première nécessité ne cessent de flamber chaque jour sur le marché. Pour se dérober, le gouvernement indique qu’il subventionne déjà les prix des produits pétroliers et qu’il est hors de question de prendre d’autres mesures pouvant permettre à la ménagère d’avoir quelque chose dans le panier. Actuellement, les choses se compliquent pour toutes les populations. Et  dans certains pays, on ne manque pas d’initiative pour minimiser la crise.

En Côte d’Ivoire par exemple, les gouvernants ont décidé de revoir leur train de vie en vue d’offrir un peu de sourire à leurs concitoyens. Inspiré, un confrère de la TVT n’a pas hésité à demander à un ministre si on ne pouvait pas faire la même chose ici au Togo. Son interlocuteur, opposant bouillant, qui a fait  des pieds et  des mains pour arracher une place au gouvernement, a laissé entendre que le fait d’être ministre les expose à beaucoup de dépenses que ne couvrirait même pas leur salaire. Ce qui veut dire que quand on devient ministre, on est obligé de puiser dans ses propres réserves pour faire face aux dépenses. Qui trompe qui ? Comme l’a dit quelqu’un, on se connaît bien au Togo, et on sait aussi que celui qui tenait ces propos, est allé au gouvernement pour la survie. A l’en croire, les autorités togolaises ne sont pas prêtes à arrimer leur prix, que dis-je, leur attitude face à la vie chère sur celle de Gbagbo et les siens. Passons.

          Comme un malheur n’arrive jamais seul, le phénomène du pont cher s’est invité dans le débat. Depuis samedi dernier, le pont d’Amakpamé a cédé aux vagues des eaux, consacrant la division en deux du Togo. Heureusement qu’il n’y avait pas un sommet international et que le chef de l’Etat était au pays. Comme l’a si bien renouvelé le Premier ministre Komlan Mally,  c’est « sur instructions du chef de l’Etat » qu’il a écourté sa journée dominicale pour aller constater les dégâts. Sûrement qu’il n’a pas, au cours de ce voyage de constat, manqué de transmettre le « message de paix » du chef de l’Etat aux populations environnantes dont les champs, habitations et bétails sont envahis  par les eaux.

          Dans la foulée, une mesure intermédiaire a été prise : déviation sur la route internationale N°3, Lomé-Kpalimé-Atakpamé. La question est de savoir si cette voie exiguë peut efficacement desservir l’Hinterland. De même, la préfecture de Yoto est depuis lundi coupée du reste du pays. Un pont sur la route Lomé-Tsévié-Tabligbo construite il y a bientôt vingt ans a rompu. A un autre endroit, le fleuve est sorti de son lit et a envahi le pont.

          Pour les deux situations, les chauffeurs, compte tenu des déviations, augmentent le tarif. C’est la solution intermédiaire qu’ils ont choisie eux aussi. « Madame, quand le gouvernement a fait la déviation, il ne nous a pas donné du carburant. Vous payez ou je saisis vos affaires. J’ai beaucoup entendu cette affaire de vie chère. Maintenant, c’est le pont cher », a vomi un chauffeur pour couper court aux jérémiades d’une femme qui s’en tenait au tarif normal en temps normal.

Pauvre Togo ! Ceux qui te gouvernent ne prévoient rien. C’est une navigation à vue.

Zeus Aziadouvo 


L’UCAO-UUT, l’Eglise Catholique du Togo et le choix délibéré de l’obscurantisme par nos dirigeants

Nous n’avons aucune intention de dresser le pouvoir en place contre l’Eglise Catholique du Togo dont les relations ont toujours été conflictuelles mais qui semblent connaître un léger mieux ces derniers temps, tout comme nous n’avons pas l’intention de dresser l’Eglise contre les autorités politiques. Cependant, à tout Seigneur, tout honneur ! Merci, Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest-Unité Universitaire du Togo (UCAO-UUT) ! Merci, Eglise Catholique du Togo ! Merci pour avoir ouvert les yeux à des milliers d’habitants de Lomé et banlieue depuis quelques semaines déjà. Merci de les avoir aidés à faire un pas vers l’émancipation que semblent leur refuser les premiers responsables du Togo!

En effet, aux lendemains de l’inauguration du Campus de l’UCAO-UUT sur son site de Sanguéra, banlieue nord-ouest de Lomé, et de la pose de la première pierre à Tsévié, la principale base de cette institution, nombreux sont les Togolais qui ont découvert pour la toute première fois de leur vie, un bus-étage. Cet exploit est à l’actif de l’Eglise Catholique du Togo qui vient de contribuer ainsi à sortir un tout petit peu et à sa manière, les Togolais de l’obscurantisme et de l’arriération dans lesquels les responsables de ce pays ont délibérément et sans aucun pincement au cœur, plongé leur peuple. L’important pour eux, c’est leur ventre et l’accumulation des biens personnels sans pudeur, au détriment de l’Etat.

Pendant au moins trois semaines, les habitants de Sanguéra et périphéries étaient aux anges et à juste titre. A les voir dans leur enthousiasme et leur émerveillement à la vue de cette « vieille nouveauté » togolaise, on les croirait animés du même sentiment d’étonnement et d’admiration que le jour où, pour la première fois de leur vie, ils découvraient l’Homme blanc. Nous ferions une trop grande injure aux populations de Sanguéra et de ses environs, si nous ne prenions soin de mentionner que cette « extase » n’a pas été uniquement l’apanage desdites populations. Les populations de Lomé, la Capitale, n’ont pas été du reste.

A chaque passage du bus-étage frappé du sigle UCAO-UUT, piétons, motocyclistes et passagers à bord de taxis, minibus et autres, ne manquent pas jusqu’au jour d’aujourd’hui, de se retourner et regarder, admiratifs, ce bus comme l’une des sept merveilles du monde. Le régime obscurantiste plus que quarantenaire de père en fils y est pour quelque chose. Pour faire circuler des automobiles de ce calibre, il faut des routes, de vraies routes et de bonnes, même si ce ne sont pas des autoroutes dont le Togo se trouve encore à mille lieues ! Or, au Togo, les infrastructures routières n’ont jamais été véritablement la préoccupation des dirigeants. Ce n’est un secret pour aucun Togolais. Donc, pas de vraies routes, alors pas de bus de cette envergure; pas de bus-étages au Togo ! Voilà pourquoi le pouvoir en place ne s’est jamais soucié de mettre en place un vrai système de transport urbain et interurbain. Reconnaissons tout de même que ces gens ne sont pas en contradiction avec leur logique.

Profitons pour signaler que depuis plus d’un an, des panneaux d’indication  portant : « Arrêt Bus SOTRAL» parsèment la ville de Lomé, attendant eux aussi tout comme les citoyens, le premier bus SOTRAL pour lequel ils sont obligés de poireauter là dans le sol. Mais les fameux bus se font toujours attendre. Combien de temps encore ? Cinq, dix, vingt, trente ans, ou un siècle ? Malheureusement, il n’y a au Togo, personne en ce moment pour avoir le courage d’éclairer les Togolais à propos de ces panneaux et de ces fameux bus SOTRAL morts avant même d’avoir vu le jour, comme si ces panneaux se sont incrustés seuls dans le sol, sans personne. Le pays est ainsi et nous sommes condamnés à être dedans, regardant faire nos grands génies. Que penseraient les étrangers de nous, habitants de cette République bananière, avec nos projets sans viabilité et toujours sans lendemains ? Avouons que même l’élève qui a mis fin à sa scolarité dans la classe de CM2 B du maître Kpomblékou peut mieux faire. Quel est donc ce pays dans lequel nous sommes !!!

Il faut dire que la seule fois que les autorités de ce pays ont eu à penser à un système de transport  public au Togo comme il en existe autour de nous au Bénin, au Burkina-Faso, au Ghana, etc., c’était dans les années 70 avec la mise en circulation d’une dizaine de bus placés sous la direction de la Régie Municipale des Transports Urbains (RMTU) créée pour la circonstance. Ce système de transport n’a fait que feu de paille. Les uns après les autres ces véhicules rouges de marque Mercedes tombaient en panne et au bout de quelques années, retour à la case départ. Si nos responsables politiques s’étaient vraiment mis dans la tête, de développer le transport urbain et interurbain, ainsi que les infrastructures routières depuis les années 70, nous n’en serions pas à ce niveau déplorable aujourd’hui.

Pire, comme pour apporter davantage la preuve qu’au Togo, c’est un choix délibéré en faveur de l’immobilisme ou de la marche à reculons en défaveur du peuple, le régime précédent a porté l’estocade à notre réseau de chemin de fer avant que le « Père de la Nation » ne tirât sa révérence. Les autorités togolaises ont ainsi consacré la mort lente, mais certaine du chemin de fer et du train dans notre cher Togo. Curieuse aberration, contrairement au nouveau souffle que dans d’autres pays, les autorités essaient d’insuffler au transport ferroviaire !!! N’est-ce pas marrant ça ? Voilà qui permet de conclure sans se poser mille questions, que nos  dirigeants semblent avoir fait un choix qui ne cadre pas avec le progrès, le développement et l’émancipation de la nation.

Aujourd’hui, la «nouveauté» plus que décennale, voire trentenaire de certains pays de cette même Afrique, semble devenue pour les Togolais l’une des sept merveilles du monde. Après plus de quatre semaines de circulation à travers certaines artères de la Commune de Lomé et de la Préfecture du Golfe, ce nouveau fleuron de l’Eglise Catholique du Togo semble commencer par entrer dans les habitudes de certains Togolais, du moins pour ce qui est de la vue. Reste alors que, pour eux, encore longtemps, ce bus-étage demeurera ce qu’est encore aujourd’hui un avion. Ceux qui y ont accès, pour beaucoup, ne seraient que des privilégiés alors qu’ailleurs …. Allez-y voir en Côte d’Ivoire, au Liberia, au Nigeria et au Ghana tout à côté.

La parution de ce bus-étage de l’UCAO ne suscite plus à ce jour, Dieu merci, autant de curiosité et d’engouement comme ce fut le cas les tout premiers jours. Grâce, non pas à nos dirigeants en place, mais à l’Eglise Catholique, des Togolais peuvent se dire: « J’ai vu une fois dans ma vie un bus en étage ». Mais avouons que c’est une honte, une vraie honte, de constater que ceux qui sont à la tête du pays ont plongé jusqu’à ce point leurs compatriotes dans l’obscurantisme le plus surprenant. Comme disait tout récemment un compatriote en vacances au pays : « Dites-moi qui vous gouvernent et je vous dirai à quel niveau d’épanouissement et de développement vous pouvez parvenir ! Aussi longtemps que le RPT sera aux commandes dans ce pays, le Togo ne se développera jamais. Il y a 6 ans que je suis passé et rien n’a changé, pire les routes et les rues se dégradent de jour en jour, on dirait ».

Le RPT n’a aucune réelle ambition pour ce  pays, il est vrai et c’est évident, aucune volonté de développer le Togo, de conduire le paysan togolais à l’épanouissement. Ailleurs, le souhait des dirigeants ne serait pas loin de voir, même le dernier des paysans de leur  territoire, voyager en avion ou en bateau et pouvoir, lui aussi, découvrir les merveilles du monde. Les dirigeants togolais, pensent qu’il suffisait d’exonérer le paysan de la taxe civique et lui donner naïvement l’impression de l’avoir conduit sur la lune, et puis vogue la galère, et alors, ils peuvent tout se permettre sur son dos. 

Comment pouvons-nous comprendre que, depuis maintenant plus de 48 ans d’indépendance de ce pays, l’histoire enregistrera qu’il a fallu l’ambition et le goût de l’audace des responsables de l’Eglise Catholique, et non le désir des autorités politiques, d’émanciper les populations dont elles ont la destinée entre les mains, pour permettre aux Togolais de découvrir l’une des merveilles technologiques modernes presque « aussi vieux que le monde » ? Nous pensons que dans le cadre de voyages touristiques ou d’éventuels échanges interuniversitaires, ce premier joyau de l’UCAO-UUT, attraction de l’heure, mérite d’être découvert par nos frères et sœurs de la partie septentrionale également. De là, ils comprendront eux aussi, combien nous sommes en retard dans ce pays.

Une fois encore merci à l’UCAO-UUT, merci à l’Eglise Catholique du Togo et « vive  l’obscurantisme voulu» dans lequel les dirigeants se plaisent à confiner leur peuple pour mieux l’exploiter, pendant qu’ils sont eux-mêmes toujours entre deux avions presque chaque semaine, plus pour le tourisme que pour le bien de la nation. Comment en ce 21è siècle, un Togolais peut-il s’étonner et s’extasier tant devant un simple véhicule automobile qui court le monde depuis des décennies, comme s’il sortait lui-même d’une brousse profonde ?

A. S.


Processus «Vérité, Justice et Réconciliation» : Me Dovi Ahlonko, ancien Pdt de la CNDH : «Avant toute réconciliation, les offenseurs doivent prendre conscience des actes qu’ils ont posés»

« Les auteurs d’actes de violence ayant fait des victimes doivent eux-mêmes les reconnaître et prendre conscience du mal qu’ils ont causé », estime Me Dovi Ahlonko, ancien président de la CNDH (Commission Nationale des Droits de l’Homme). Selon lui, c’est la seule condition qui peut baliser la voie à une véritable réconciliation au Togo. Ces déclarations ont été faites au cours d’une sortie médiatique le dimanche 27 juillet dernier.

Pour Me Ahlonko, la réconciliation tant souhaitée ne peut être effective si elle n’obéit pas à certains principes de base. Et l’un des principes fondamentaux à son avis, c’est que les auteurs et commanditaires des actes ayant entraîné des pertes en vies humaines ou des violations massives de droit de l’homme se reconnaissent comme tels. « Si aujourd’hui les offenseurs reconnaissent vraiment qu’ils ont offensé, pourquoi n’y aurait-il pas de réconciliation ? », s’est-il interrogé. Par ailleurs, a souligné Me Dovi Ahlonko, ce n’est pour rien que dans un tel processus, les termes «Vérité» et «Justice» sont importants et prioritaires. Car, aucune réconciliation n’est possible si la lumière n’est pas faite sur les événements douloureux qui se sont déroulés et l’identification de leurs auteurs.

Un point de vue que partage Sidiki Kaba, ancien président de la FIDH (Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme) et actuel président d’honneur de l’organisation. Selon lui, la réconciliation n’exclut ni la vérité ni la justice. Et partout où a été instaurée une commission «Vérité, Justice et Réconciliation», a-t-il souligné, sa finalité a été de pouvoir mettre face à face les victimes et leurs bourreaux de manière à ce que ces derniers soient pardonnés ou que, dans le cadre de crime de sang, que les bourreaux rendent compte de leurs actes devant la justice.

Et pour la réussite du processus, Me Ahlonko en appelle non seulement à la volonté politique des dirigeants pour le conduire jusqu’au bout, mais aussi à la société civile qui doit y jouer un rôle déterminant. « Je suis convaincu que tous les Togolais voudraient se réconcilier. D’ailleurs, ils ont intérêt à le faire. Mais encore faut-il que les règles du jeu soient claires et honnêtes. La question est de savoir si les offenseurs sont prêts à reconnaître leurs fautes. Si oui, allons vers cette réconciliation. Si non, rien n’est encore fait pour y arriver », a-t-il conclu.

Le processus « Vérité, Justice et Réconciliation », il faut le rappeler, a pour but de rétablir la vérité et de faire valoir une justice équitable afin de solder le passé du Togo fait d’actes de violence sous toutes ses formes. Proposé par l’APG (Accord politique global), il s’inscrit dans l’engagement pris par les autorités togolaises et les partis signataires de cet accord pour faciliter le pardon et la réconciliation, lutter contre l’impunité et renforcer l’unité nationale dans le pays.

Rodolph Tomegah


Session du conseil national du dialogue social : Des polémiques sur l’évaluation de la mise en œuvre des engagements

Ce qui reste à faire est encore plus important que ce qui est fait. C’est en ces termes que peut se résumer l’évaluation que le CNDS (Conseil national du dialogue social) a faite de la mise en œuvre des engagements pris lors du dialogue social tripartite en mai 2006. Ce Conseil mis en place pour le suivi de l’application de l’accord social a clôturé les travaux de sa première session de l’année 2008 lundi dernier. Mais déjà, des divergences de point de vue se font entendre sur cette évaluation et une centrale syndicale, la CGCT (Confédération générale des cadres du Togo) tient une conférence de presse aujourd’hui mercredi pour éclairer le peuple.

Deux engagements des accords tripartites ont essentiellement retenu l’attention des participants aux derniers travaux de la première session du CNDS. D’après les sources officielles, « il s’agit des engagements relatifs aux prix des produits pétroliers et à la revalorisation du SMIG (Salaire minimum interprofessionnel garanti) et du SMAG (salaire minimum agricole garanti) ». Le Conseil a donc examiné les difficultés liées à la hausse constante du prix du baril de pétrole sur le marché international et exploré les voies et moyens à proposer au gouvernement pour lui permettre de prendre des décisions idoines.

Sur la question du SMIG et celle du SMAG, le conseil a été informé qu’une étude recommandée par le gouvernement est en cours pour définir les bases sur lesquelles ces salaires peuvent être revus à la hausse. « Mais en attendant, le gouvernement entend voir dans quelles mesures il peut relever les salaires des travailleurs ». En outre, le conseil aurait pris note de l’exécution de certains engagements notamment la régularité des salaires, l’apurement des arriérés de  salaires et de pension, l’intégration progressive des temporaires dans la fonction publique. Ainsi, « le CNDS a encouragé le gouvernement pour ces efforts réalisés dans la mise en œuvre des engagements et l’a exhorté à continuer dans ce sens ».

Ces  encouragements adressés au gouvernement ne sont pas toutefois partagés par tous les acteurs. Pour ce faire, la CGCT, au cours d’une conférence de presse qu’elle anime cet après-midi, va réagir sur le sujet et faire connaître ses points de vue.

Pour nombre de Togolais, l’heure n’est pas à jeter des fleurs au gouvernement car, les engagements importants qui soulageront les peines des populations peinent toujours à être mis en application. Il s’agit entre autres de  la revalorisation des salaires et de la revue à la hausse du SMIG et du SMAG. Pour ce dernier point, les études lancées par le gouvernement n’ayant pas encore livré leurs résultats, cela implique qu’aucune décision ne peut être prise dans l’immédiat pour atténuer la crise de la vie chère. De plus, les engagements ayant été pris à une époque où le phénomène de la vie chère n’avait pas encore atteint le degré actuel, il faudra réadapter plusieurs des engagements à la situation présente. « Si le CNDS avait été actif aux lendemains de la signature des accords tripartites comme prévue et les engagements mis en application par le gouvernement, les travailleurs auraient mieux affronté la crise », a estimé un syndicaliste.

 A la suite des travaux du conseil lundi dernier, il ressort que le gouvernement «attend de voir dans quelles mesures il peut revoir les salaires à la hausse » ; c’est dire que les travailleurs togolais devront  encore supporter la flambée des prix avec leurs « maigres salaires » habituels pendant plusieurs mois. Une situation qui fait dire à certains observateurs que la stratégie des autorités togolaises consistant à créer des commissions de réflexion sur des problèmes brûlants pour gagner du temps, est toujours de mise.

En effet, dès le début de cette année, quand les prix des produits de première nécessité ont subi une hausse, le gouvernement a interdit tout mouvement de soulèvement populaire  et a mis en place un comité ad hoc contre la vie chère. Les propositions de ce cadre de discussion des différents acteurs sociaux, mis en place en mai dernier, devront être mises en application dans les deux mois qui ont suivi. Aujourd’hui, trois mois plus tard, aucune des propositions n’a été mise en application, alors que les prix continuent de flamber. De plus, le gouvernement sort de ce cadre et a procédé à l’augmentation unilatéralement du prix du ciment. Situation décriée par les syndicats et les populations. La hausse des prix des carburants à la pompe et celle du prix du kilowattheure du courant électrique est également annoncée pour les jours à venir.

Des faits qui font croire que la crise est loin d’être allégée pour les Togolais.

Sedjrawodo A. Adry


Inondations dans les régions Maritime et Plateaux : Un mort, 7 ponts effondrés et plusieurs villages sous les eaux

Une personne emportée par les eaux a été retrouvée morte à Yométchin, localité située à une dizaine de kilomètres à l’Est de Kévé, chef-lieu de la préfecture de l’Avé. Dans les préfectures de Zio, Yoto, Vo et Avé, plusieurs villages sont sous les eaux et leurs habitants réfugiés sur les arbres. Sur les axes routiers, 7 ponts ont été emportés et des voies de chemin de fer endommagées.

Populations affamées, cases écroulées, champs inondés matériels de travail et des biens emportés. C’est le spectacle de désolation laissé par les pluies diluviennes qui se sont abattues sur la partie méridionale du Togo ces derniers jours. Après le pont sur le ‘‘Haho’’ au niveau d’Amakpapé qui a cédé le dimanche dernier, ce sont plusieurs villages, champs et infrastructures routières et ferroviaires qui ont fais les frais de la furie des eaux lundi dernier et hier mardi. A Bolou Agomenou localité située au Nord de Tsévié, les populations sont isolées du reste du monde.

En tout, 7 ponts ont cédé sur les axes routiers entre autres sur les tronçons Hahotoé-Kpémé ; Tsévié-Tabligbo et Tsévié-Kévé. Non loin de Lomé la capitale, les eaux ont envahi les populations de Togblékopé et Tsikplonou-kopé. Dans ces deux villages, les populations ont été surprises par les eaux alors même qu’il ne pleuvait pas. La nationale N° 1 est submergée d’eau de part et d’autre sur de longues distances et précisément au niveau du pont sur le cours d’eau ‘‘Zio’’.  Elle est actuellement impraticable entre Lomé et Tsévié.

Vers un état d’urgence ?

L’ampleur de ces inondations et leurs étendues géographiques au fil des jours suscitent beaucoup d’inquiétudes pour nombre de Togolais. Au regard du dernier bilan des précédentes inondations dans la ville d’Atakpamé (plus de 600 personnes sans abris et 3 tués), le nombre des  nouvelles victimes de la grande précipitation va avoisiner un record jamais atteint au Togo.

Pour faire face à la situation, le Premier ministre et certains membres du gouvernement ont eu une rencontre hier à la primature avec les partenaires en développement afin de rassembler les moyens pour secourir les sinistrés. Un communiqué du gouvernement appelle toute la population de ces régions à plus de vigilance.

La partie Sud du pays se trouve ainsi coupée de l’intérieur du pays. Trois jours après le premier drame, les voies de déviations suggérées aux usagers par les autorités montrent déjà leurs incapacités à supporter ce trafic. L’absence de voies de communications va décupler le problème de la hausse des prix sur les denrées en provenance de l’intérieur du pays pour les habitants de la partie sud tandis que les produits manufacturés qui sont convoyés de la capitale vers l’intérieur vont subir le même coup.

Sedjrawodo A. Adry

 
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