|
Mauvaise foi. Telle est bien
l’impression qui se dégage à la lecture du simulacre d’interview à laquelle
s’est livré un certain Godwin Télé. L’homme se dit historien et de surcroît
historien engagé. C’est facile donc de le comprendre puisque « l’histoire
justifie ce que l’on veut. Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle
contient tout et donne des exemples à tout » (Paul Valery)
Dans ce quasi monologue publié
par notre confrère Forum de la semaine dans ses dernières livraisons, le fameux
historien engagé dresse la gestion sombre du pays sous feu Eyadema en prévision
dit-il de son prochain livre. Chemin faisant, l’homme profite de cette
auto-interview pour rendre hommage à Sylvanus Kwami Epiphanio Olympio da Silva.
Avant d’aller plus loin, il faut rappeler à ce célèbre historien un mot de La
Bruyère « L’on doit se taire sur les puissants ; il y a presque toujours de la
flatterie à en dire du bien ; il y a du péril à en dire du mal pendant qu’ils
vivent, et de la lâcheté quand ils sont morts. »
Répondant au site «
letogolais.com. », Godwin Tété déclare dare dare que « Pour moi le règne
d’Etienne Gnassingbé Eyadema (alias Gnassingbé Eyadema) correspond effectivement
à une ‘’ longue nuit de terreur’’ tombée subitement sur le Togo, les Togolais
et les Togolaises. Nuit qui, du reste, se prolonge à l’heure actuelle par
l’entremise de M. Faure Gnassingbé. »
L’erreur des partisans
de Sylvanus Olympio, c’est de croire que les hommes ont déjà oublié tout ce qui
se passait sous le court règne de ce dernier. Tous les livres écrits sur le
premier président de la République uniquement pour le blanchir sont tous
empreints de partialité ou de relent de tribalisme. Enjoliver le régime Olympio
et diaboliser celui d’Eyadema, n’est –ce pas cela être l’historien engagé ? Le
sens du mot engagé serait donc ici galvaudé puisque être engagé n’exclut pas
l’objectivité. « Le bon historien, rappelle Fontenelle, n’est d’aucun temps ni
d’aucun pays.»
Or un historien si engagé soit-il ne doit pas délibérément ignorer la vraie
histoire de son pays à cause de ses engagements pour se contenter finalement des
rumeurs. Ainsi est-on ici obligé de donner une petite leçon d’une vraie histoire
à notre historien engagé. A lui de nous convaincre du contraire s’il est
vraiment engagé. Le peuple ne se nourrit pas des mensonges.
« Au lendemain de la
proclamation de l’indépendance, diverses brimades frappent l’opposition. Afin de
contrôler et d’empêcher des mouvements des populations, des barrages sont
dressés dans le nord du pays dont les habitants sont suspectés d’être hostiles
au gouvernement lui-même étant composé d’une majorité de personnalités du sud.
Rappelons pour mémoire
que seuls Martin Sankarredja et Namoro Karamoko représentaient le Nord dans le
gouvernement d’Olympio.
Après les élections du 9 avril 1961 des anciens députés minoritaires battus lors
de la consultation électorale sont arrêtés. Parmi ces derniers figurent Antoine
Idrissou Méatchi, chef de file de l’opposition dans la précédente Assemblée. Les
biens des personnalités arrêtées sont pillés ou saisis ; leurs familles
dispersées. Même les amis d’enfance de Sylvanus Olympio comme Benedictus Apaloo
ou des amis politiques du chef de l’Etat comme Maître Ignacio Anani Santos sont
emprisonnés à Mango et battus chaque jour. De son côté Nicolas Grunitzky est
contraint à l’exil et se réfugie à Cotonou (Dahomey)
M. Godwin Tété conviendrait
lui-même ici que le président Eyadema si dictateur soit-il n’a jamais atteint
le degré de cruauté politique du démocrate Sylvanus Olympio. Godwin Tété doit se
rendre également compte que tout le monde connaît la vraie histoire togolaise
non falsifiée sous Sylvanus Olympio.
Poursuivant ses
diatribes contre le père de la Nation, il dit que cela lui inspire la nausée de
voir le président Eyadema porter le titre du père de la Nation. Notre historien
engagé déclare : « Sous Gnassingbé Eyadema, le Togo ne connaît pas de
comptabilité publique. Les deniers publics, sont l’affaire exclusive du chef de
l’Etat qui en use et abuse comme bon lui semble... Les médias publics, la
justice, les Affaires étrangères, tous les attributs de la souveraineté de
l’Etat sont confisqués et concentrés entre les mains du « président dictateur. »
La gestion du pays est-elle vraiment différente de ce qui se passait sous
Sylvanus Olympio ? LA DEPECHE reviendra sur ce dossier dans ses
prochaines livraisons.
Disons que les fameux gestionnaires sortis, dit-on, de London School of
Economics n’était pas si fameux. On fait trop de bruit avec cet établissement
anglais uniquement pour rehausser le prestige de Sylvanus Olympio. M. Luchaire
qui connaissait notre pays avant l’indépendance, n’a pas manqué d’avertir : «
Sylvanus Olympio doit lutter contre l’égoïsme de certains fonctionnaires du Sud,
leur népotisme et leurs excessifs soucis de profits personnels ».
Voulant à tout prix blanchir le président Olympio notre historien engagé
déclare : « On dit que notre premier président démocratiquement élu (Nous
reviendrons certainement sur cette fameuse élection qui permet de qualifier
Olympio de ‘’démocratiquement élu’’ qui vue sous l’angle actuel n’est qu’un
véritable hold-up.
Peut être Sylvanus Olympio était anormal pour avoir précisément dit devant le
Conseil de Tutelle des Nations Unies à Lake-Succè : « ... Je ne puis que répéter
une fois de plus ce qui ne peut manquer d’être clair. Nous n’avons jamais
demandé que les tribus du Nord des deux Togo soient unifiées avec nous ou hors
de nous. Quelle que soit leur opinion sur la question de leur unification, elle
n’a rien à faire avec notre propre droit d’être unis. Ces populations sont loin
de nous et leur situation est différente de la nôtre… »
Il faut dire que
Sylvanus Olympio est ici dans la situation d’un certain Adolf Hitler qui ne
voulait pas entendre parler de l’origine de sa mère qui était juive par son
grand père maternel.
Gaston, Rosignac
A suivre |