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Togoforum :
On dit que être Président au Togo s’apparente á un paradis
et ce pour cause. Un peuple docile, une opposition
divisée, une armée aux ordres et non republicaine. Faure peut-il avoir de beaux jours dans un contexte différend de celui son défunt père ?
Mr Comi
Toulabour :
Que les Togolais ne se leurrent pas. Faure
est très probablement installé au pouvoir pour longtemps comme son père. Je
remarque que les anciens barons collaborateurs de son père et les nouveaux
rentrants, la plupart quadragénaires, donc qui ont l’âge du système Eyadéma, ne
font que recycler les vieux poncifs connus en attendant un nouveau Sarakawa pour
que le recyclage en faveur de Faure soit parfait. Le problème de Faure à la mort
de son père était de capter le siège et il a réussi ce tour de force dans le
sang avec des complicités internes, africaines et surtout de la France
chiraquienne.
La docilité supposée du peuple, la division avérée de l’opposition
ne changent rien à la donne. Ce qui est en amont c’est la posture de l’armée,
effectivement aux ordres et non-republicaine. C’est elle qui fait la pluie et le
beau temps politiques. C’est elle qui détient les armes, qui n’hésite pas à
faire du carnage pour conserver le siège. Nous sommes face à une junte
militaro-mafieuse, les partis politiques et leurs leaders dont c’est le rôle,
doivent chercher la solution adéquate. Nous sommes en peine de constater qu’ils
ont sacrifié l’essentiel pour leur petit ego. Le peuple togolais a toujours et
beaucoup donné en dépit de sa docilité qui n’est que trompeuse. Il n’a pas avec
lui des partis conséquents qui traduisent dans une stratégie de victoire leurs
aspirations profondes et légitimes. Faure a de beaux jours devant lui et il est
au paradis peut-être artificiel, mais en politique rien n’est assuré.
Togoforum : Les vieux ponts datant de
l’époque coloniale se sont effondrés l’un après l’autre avec les inondations. Êtes-vous de ceux qui pensent aussi qu’il faut laisser le temps
à Faure pour prouver quelque chose ?
Mr Comi
Toulabour : Faure comme son père n’est pas là pour
construire des ponts, des écoles, des routes, des hôpitaux. Il n’est pas là pour
mettre en place des politiques publiques au bénéfice du plus grand nombre. Il
est là pour son paradis, pour son beau temps, pour jouir du pouvoir, et
s’enrichir. Qu’on lui donne cent ans (comme dirait son père) je ne suis pas sûr
qu’il sortirait le pays de la crise, étant lui-même un terme de
l’équation de cette crise.
A la tête de nos pays, on propulse des individus
dont on ne se pose même pas la question élémentaire qu’on poserait s’agissant
d’un autre continent : le propulsé a-t-il au moins la confiance de son peuple ?
Faure a pris le pouvoir à partir de ce moment crucial qu’était Sarakawa où son
père s’était transfiguré en divinité humaine. Ce moment mythologique, qui a
bridé la conscience politique des Togolais, ne présage rien de bon pour notre
pays. Faure a-t-il quelque chose à prouver pour qu’on lui laisse le temps ?! Le
bilan de ses trois ans au pouvoir constitue le panneau indicateur du chemin où
il veut nous mener. Combien de kilomètres de route en trois ans ? Combien
d’hôpitaux en trois ans ? Combien d’écoles en trois ans ? Combien de kilomètres
de fil électrique tirés en trois ans ? Combien de kilomètres de fil téléphonique
tirés en trois ans ? Combien de créations d’emploi pour les jeunes ? Combien
de…, combien de… Je pourrai continuer ma litanie. Mais par contre combien de
comptes en banque bien garnis, de voitures, de femmes, de maîtresses, d’armes,
de gourdins, de machettes en trois ans ? Mon intelligence de Togolais lambda a
tranché ces questions pratiques et je ne me fait pas d’illusion.
Togoforum : On croyait voire les
ministres concernés démissionner l’un après l’autre compte tenu de leur
incapacité á gérer la crise. On a plutôt vu des conseils de ministres...
Mr Comi
toulabour :
Oui mais, excusez-moi de dire que votre
question (dont je comprends la pertinence et la légitimité) est incongrue dans
le contexte togolais. Avez-vous déjà vu un ministre togolais démissionner de son
poste pour mauvaise gestion d’une question relevant de son département ? La
devise des ministres togolais semble être :
on me démissionne sinon je fais un
malheur, je ne démissionne pas.
Dans l’histoire de notre pays je ne me souviens
que du cas de Joachim Hunlédé, alors tout-puissant ministre des Affaires d’Eyadéma
qui démissionna en 1976 non pour incompétence, mais pour devenir pasteur et
implorer une surabondance de grâce du Seigneur sur le « miraculé de Sarakawa ».
Il aurait dû attendre treize ans après l’accident éponyme avant de se retirer,
dans un régime qui affectionne tant ce chiffre sacré et porte-bonheur. Mais
l’homme avait ramassé assez de pognon pour s’en aller par la petite porte !
Quand ils viennent juste d’arriver au gouvernement, qu’ils n’ont pas assez mis
de côté, qu’ils n’ont pas encore construit leurs villas à Lomé, au village
natal, dans le 16è de Paris, quand ils n’ont pas encore de comptes en banque
bien garnis, comment voulez-vous qu’ils démissionnent ! Non, ils sont plus
réalistes que nous autres. D’ailleurs leurs familles, femmes, maîtresses et
enfants risquent d’attendre les démissionnaires à l’entrée du palais pour les
moquer. Quelle honte insurmontable ça provoquerait chez les proches, les amis,
au village, dans sa région, sans parler chez le démissionnaire lui-même !
Vous
voyez que bien le poids des contraintes sociales, du regard ! La démission est
antilogique dans le système politique qui est nôtre. L’incapacité à gérer une
crise ne peut pas être une cause de démission, puisque depuis au moins les
années 1990 on n’est plus nommé ministre pour ses compétences, pour résoudre des
problèmes, mais pour participer au festin, à des agapes dans ce monde de
précarité où les précaires ont tort d’être précaires, où les inondés ont tort
d’être inondés, les jeunes ont tort d’être jeunes, les femmes ont tort d’être
femmes, les infectés du sida tort d’être infectés, les torturés tort d’être
torturés. Ces gens-là, précaires, jeunes, femmes, séropositifs, inondés,
torturés, tous, tous veulent gâcher le festin. C’est à eux de démissionner, de
partir, de s’exiler loin, loin au fin fond de la brousse occidentale où d’autres
précarités les attendent sous la férule de Brice Hortefeux.
La véritable devise
du RPT n’est-elle pas : Servir non, se servir oui, oui », ce qui est plus
universel que le mensonger : « Servir oui, se servir non, jamais, jamais » !
Alors des conseils de ministres pour se conseiller qu’aucun ne doit
démissionner, pour démontrer une solidarité de corps gouvernemental, oui, dans
cette optique les conseils de ministres ont un sens. S’ils sont destinés pour
résoudre la crise des inondations, des services publics inexistants, alors ces
conseils de ministres ne servent tristement à rien et les participants savent
qu’ils font du cinéma. S’ils recevaient de l’extérieur de l’argent et des vivres
à distribuer aux sinistrés, gageons la clavicule gauche du Christ qu’ils seront
les premiers à se servir, naturellement : c’est en cela que se trouve
l’entéléchie du système Eyadéma et de ses héritiers.
Togoforum : D’autres pensent que tout ce
qui arrive aux Togolais est le fruit de 40 années de mal gouvenance,
d’improvisation. Que répondez-vous aux togolais qui disent qu’ils n’iront plus
voter ?
Mr Comi
Toulabour : Ceux qui pensent de la sorte ont sans
doute raison. Quarante années : c’est deux voire trois générations politiques.
Que du malheur ils n’ont vu, alors que les discours et les prônes faisaient
retentir du bonheur à leurs oreilles ; et le gros marteau écrabouillait ceux qui
élevaient la voix pour crier leurs désespoirs, leur raz-le-bol. Je comprends
ceux qui ne veulent plus aller voter. Ils ont assez donné, trop donné, parfois
jusqu’à leur sang, le sang des leurs et ils n’ont vu que s’entasser d’autres
malheurs et souffrances sur leur tête. Ils ont majoritairement entre 15 et 50
ans, ils sont déjà vieux : pas de travail alors qu’ils ont trimé pour avoir
leur parchemin, pas de travail impossible de fonder une famille digne de ce nom,
pas de famille à soi on est toujours cadet social aux yeux du monde... Malgré
cela il faut aller voter en vendant cher sa voix en 2010. C’est-à-dire en votant
en son âme et conscience et sans doute en étant en mesure de défendre sa voix
face au fusil. Le vote au Togo n’est pas un acte ordinaire, un acte banal comme
ailleurs. C’est un vote de sang, un vote rouge. Notre libération passera par là,
encore que notre vote de sang n’est pas censé garantir notre avenir, notre
bonheur de demain.
Togoforum :
Un fait bizarre. Dans les pays
sérieux avec une catastrophe naturelle les dirigeants sont dans la masse. On a
vu le sénateur Barack Obama, le président allemand Horst Koeller gants aux main
tenir la pêle. Faure lui a survolé les zones en hélicopter. Pourquoi cette
exception chez le dirigeant le africain ?
Mr Comi
Toulabour :
Faure agit conformément à la logique qui
est celle du système hérité. Une logique coloniale, c’est-à-dire une logique de
gouverneur manière Indirect rule. La masse est trop sale, trop puante, avec des
odeurs comme dans le roman « Le Parfum » de Patrick Süskind, et des gants ne
suffiront pas. Il faudra des masques à gaz pour lui éviter de chopper des
microbes. Les masses ont la peau trop dure, trop rigueuse qui peut blesser,
Faure doit porter des combinaisons. Dans son hélicoptère blanc, il doit être
tout de blanc vêtu avec le casque assorti. Comme papa lors de son « retour
triomphal » le 2 février au lendemain de l’accident de Sarakawa. C’est logique
que Faure ne daigne pas descendre sur terre, dans une masse qui pue le malheur,
c’est pourquoi ses sbires peuvent toujours taper dans les corps puants pour
libérer le malheur salvateur du régime. Mais voyez-vous, Faure s’entraîne, lui,
déjà pour le 2010 à la mode du général Adidas Tidjani lors des présidentielles
d’avril 2005 : dans son hélicoptère.
Togoforum :
Le gouvernement togolais vient
á Bruxelles du 17au18 septembre semble t-il pour réunir les fonds qui serviront
á reconstruire le Togo.Croyez-vous que les européens vont-ils alloués des fonds
á un pays où les observateurs estiment que toutes les structures ne sont pas
réunies ?
Mr Comi
Toulabour :
Faure et son gouvernement nagent. Il
semble que depuis les législatives de 2007, des fonds sont débloqués et mis à
disposition. Mieux il semble que c’est depuis novembre 2004 où une bousculade
fit des morts à Lomé II que des fonds de l’Union européenne ont été débloqués.
On ne comprend plus rien. Le mensonge doit être dans l’un des deux camps
(gouvernement togolais ou l’Union européenne) ou dans les deux camps à la fois.
Mais laissons l’UE et ses fonds et posons-nous la question : comment un
gouvernement autoproclamé souverain et indépendant passe-t-il son temps à
mendier de la sorte ? C’est assez curieux que la fierté qui commande de ne pas
démissionner du gouvernement ne commande plus à refuser la mendicité. Louis
Michel mène Faure et son équipe en bateau, qui roulent les Togolais qui
attendent les fonds de la mendicité dont ils ne verront point la couleur en
termes d’infrastructures et d’équipements collectifs. L’UE hésite à mettre ses
sous entre les mains de dirigeants que tout le monde sait tout aussi voyous que
corrompus, n’en déplaise à Monsieur le commissaire Michel, l’archange européen
qui veille sur Faure. Tant qu’il n’y aura pas d’élections fair and free
dans ce pays, on continuera à lire une pluie hypothétique dans les couleurs des
nuages. Quand la conditionnalité électorale sera tenue, Faure et les siens
peuvent retrousser les manches et les lèvres pour de copieux festins. En
attendant ils peuvent aller cueillir des choux à Bruxelles.
Togoforum :
Au RPT on parle pourtant des
3 années au pouvoir de Faure comme d’une satisfaction...
Mr Comi
Toulabour : Si le RPT ne se satisfait pas des trois
années de pouvoir Faure, qui d’autre pourra porter le drapeau de la satisfaction
et du contentement de soi ? Il a toujours été content du long règne d’Eyadéma.
Le RPT est un parti des gens-heureux, du moins en apparence. Mais on connaîtra
le véritable RPT quand il ne sera plus au pouvoir.
Togoforum :
Les vielles boutades de Olympio ont refait surface :« Au bord du marigot on saura comment traverser »
parlant des conditions d’éligibilité. Ce parti a t-il les moyens pour
revendiquer un jours au Togo une victoire ?
Mr Comi
Toulabour :Monsieur Gilchrist Olympio est un vieux
leader fatigué. Sa rengaine « C’est au bord du marigot qu’on saura comment
traverser » révèle son mode de fonctionnement informel, tout dans
l’improvisation. En somme comme un amateur qui n’a rien compris à la politique
en termes d’anticipation des enjeux, en termes de stratégies gagnantes, en
termes de coups en toute finesse qui, réussis, sont de véritables œuvres d’art !
C’est vraiment dommage que les Togolais continuent à lui faire confiance par
défaut. Au sortir de son congrès, il apparaît clairement que l’UFC ne s’est pas
donné les moyens de revendiquer une victoire si d’aventure le RPT venait à l’en
priver. Le congrès de l’UFC est un non-événement, à vite oublier, à l’image de
son leader. Monsieur Gilchrist Olympio se moque des Togolais avec une volupté
indécente. Il faut dire cela haut et fort.
Togoforum :
Au RPT on parle du dernier
mot de la cours constitutionnel pour dire qui peut être éligible oú non.
L’UfC ne
va pas t-elle se laisser surprendre par cette cour qu’on
dit proche du pouvoir en place en 2010 ?
Mr Comi
Toulabour : Dans l’état actuel de la constitution de
1992 révisée en 2002, Monsieur Gilchrist Olympio ne remplit pas les conditions
d’éligibilité, notamment au regard des clauses de résidence fixées en sont
article 62 qui stipule que
« Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s'il (…)
ne réside sur le territoire national depuis douze (12)
mois au moins ».
C’est assez limpide. S’il
n’est pas en mesure de comprendre cela, on doit s’interroger de savoir ce qu’il
est venu chercher en politique. Le congrès de son parti l’a désigné candidat.
Soit. Mais c’est le seul acte essentiel de ce congrès, alors que placé dans
l’économie générale de notre vie politique, c’est un acte accessoire,
essentiellement accessoire. Mais il revient à la cour constitutionnelle
d’apprécier et de valider sa candidature en fonction des textes en vigueur. S’il
continue à nous servir que
« C’est au bord du marigot
qu’on saura comment traverser », il risque de tomber de haut, mais il aura été
averti bien longtemps à l’avance. J’ai l’impression que Monsieur Gilchrist
Olympio ne lit pas les textes fondamentaux qui encadrent notre vie politique et
c’est bien dommage. S’il est invalidé, le pouvoir aura pleinement raison. C’est
là aussi un des traits puérils du leader de l’UFC qui fait de la politique sans
aucun calcul, sans aucune réflexion des actes posés ou à poser, qui avance
poussé par le vent du hasard vers Abuja, vers Sant’Egidio, vers Ouagadougou,
vers les rives du marigot à traverser, pour aller prendre de gros suppositoires
et revenir heureux et gai comme Ulysse parmi les siens fidèles à Aflao pour
agiter leur enthousiasme au bout des mouchoirs pour accueillir l’enfant prodigue
(ou prodige ?). Depuis qu’il peut aller et sortir du Togo comme il l’attend,
Monsieur Gilchrist Olympio ne voit plus au-delà des gardes de corps que le
pouvoir lui octroie et de la foule surexcitée aux rendez-vous des acclamations
convenues.
Togoforum :
Sarkozi alors ministre
disait de l’élection de Faure devant des étudiants que celà ne « s’appelle pas
élection. » La réalité du
pouvoir n’a t-il pas changé le président
français? Une autre vision sur les élections au Togo et en
Afrique ?
Mr Comi
Toulabor : Il ne faut pas confondre les discours de
campagne électorale de Nicolas Sarkozy et ceux de celui qui est devenu
président. Le Togo n’a pas un grand intérêt pour Sarkozy comme le Gabon, le
Congo Brazzaville. Si les prochaines présidentielles sont truquées au Togo, je
ne suis pas certain que Sarkozy lèvera son petit doigt pour changer quoi que ce
soit. Surtout qu’on ne l’imagine pas en train d’expédier son armée au Togo pour
taquiner celle de Faure. Ce qui vaut aussi d’ailleurs pour le Gabon et le Congo
Brazzaville. Sur ce plan le Togo et ces deux pays sont à égalité. Donc il
appartient aux Togolais de faire en sorte que 2010 soit une élection sincère et
transparente. Et ça c’est une autre paire de manches, surtout qu’en face il y a
des armes, et chez nous les candidats seront pléthore et tous par défaut.
Togoforum :
Les finances,
sont le nerf de guerre
dans tout pays.
Au Togo il paraît qu’il n’y aucune structure de contrôle
des finances publiques.
Faure a
créer une commission contre la corruption.
Adherez-vous á l’initiative ?
Comi
Toulabour :Le problème n’est pas adhérer ou non.
Toute personne saine d’esprit ne pourra qu’adhérer à une telle initiative. Cette
commission anticorruption, énième du genre, est pour quoi faire ? c’est cela la
question. Rappelons qu’en mars 2001 Eyadéma avait crée un machin au nom
kilométrique de « Commission nationale de lutte contre la corruption et le
sabotage économique » (CNLCSE) alors dirigée par un certain Folivi Assiongbor.
Elle fait suite au protocole de la CEDEAO sur la lutte contre la corruption de
2001 et de la convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte
contre la corruption de 2003. Comme partout ailleurs dans le monde, et surtout
en Afrique et plus particulièrement au Togo, la concrétisation de belles
intentions finit toujours par se noyer dans l’euphorie du premier moment. Après
quelques actions spectaculaires où le règlement de compte le dispute à un
travail d’investigation sérieux, la CNLCSE est vite oubliée et tombe en
hibernation. C’est cette CNLCSE que le fils du père a réveillée de sa
somnolence, sans qu’on fasse un bilan et un inventaire des actions passées afin
de corriger le tir. Mais dites- moi qui croit vraiment en l’efficacité d’une
lutte anticorruption ficelée de cette façon au Togo ? Le jour où la CNLCSE ira
secouer barons, étoilés, gradés, mafieux, blanchisseurs d’argent, trafiquants
d’armes, de drogue et d’enfants, ainsi que Faure et son clan, alors je croirai.
Pour le moment, j’ai mis mon bouton en position Wait and see.
Togoforum : Le Togo cherche l’homme
providentiel pour 2010. On dit que l’opposition togolaise n’existerait que de nom. Quel profil doit avoir cet homme providentiel ?
Mr Comi
Toulabour :Pour parler sans langue de bois, certaines
personnalités à l’intérieur et à l’extérieur ont la tête de l’emploi. Edem Kodjo
correspond à l’homme compétent que je rêve voir diriger mon pays, mais il est
cramé, il est sans scrupule et son éthique politique est à l’opposé de la
mienne. Kofi Yamgnane et François Boko me paraissent en résonance avec la
fonction présidentielle. D’autres compatriotes au pays et dans la diaspora ont
sans doute le profil que je résumerais ainsi : compétences diverses de haut
niveau, capacité d’analyse, de discernement et d’écoute, humilité, esprit
d’équipe, respect de l’autre, patriote et fortement détribalisé. Surtout,
surtout qu’il ne se prenne pas et ne soit pas pris pour un homme providentiel.
Togoforum
: Si vous scrutez bien le Togo,
la fatalité semble avoir gagné du terrain. Quel message d’espoir avez-vous pour
le peuple togolais ?
Mr comi
Toulabour :
Oh la la, quel message pour mes compatriotes lassés de tout et
même de l’espérance comme dirait Lamartine ? Qu’ils soient des acteurs libres
dans la production de notre destin collectif. Tout le monde a droit au chapitre
et nul ne doit être méprisé et discriminé. Si à côté des partis politiques qui
prétendent parler en notre nom, nous nous organisions mieux pour nous faire
entendre autrement, si nous parvenions à mettre en sourdine nos ambitions
personnelles peut-être légitimes pour le bien commun, si nos micro-querelles,
nos micro-tensions, nos micro-conflits étaient transcendés par une volonté
commune tendue vers un vrai changement politique, alors il n’y aura pas lieu de
désespérer. Bien au contraire, sera permis pour 2010 tout espoir libéré de
scories d’angélisme et de naïveté. A mes compatriotes, je dis : vivement 2010
pour une alternance politique et une alternative démocratique.
Togoforum :
Nous vous remercions
Mr comi
Toulabour :
C’est plutôt à moi qu’il revient de vous remercier
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