Le 13 Novembre 2020 la radio de la propagande impérialiste française, RFI, a publié sur son site un article intitulé “Affaire Madjoulba: le colonel togolais assassiné avec sa propre arme”..

Du temps où RFI était le seul coq de la basse-cour médiatique des colonies, ce torchon serait passé inaperçu ou même perçu comme vérité d’évangile. L’objectif ici étant de préparer l’opinion à accepter les conclusions du juge Awi Adjoli : l’idée que le Colonel Toussaint Bitala Madjoulba se serait suicidé ou qu’il aurait été victime d’un règlement de compte.

Col. Toussaint Bitala Madjoulba

Déjà au lendemain du crime, les laboratoires togolais de la manipulation des consciences avaient insinué dans une certaine presse, de telles idées. On se demande si l’article n’est pas rédigé par les griots du pouvoir togolais. Ce ne sera pas la première fois que RFI se fait l’écho de contre-vérités au Togo.

Radio France Internationale tente ici de banaliser un crime d’Etat. Il s’agit d’innocenter les généraux de l’armée togolaise et Faure Gnassingbé qui venait de prêter serment la veille du meurtre pour un quatrième mandat présidentiel de trop. Selon RFI, le Colonel Madjoulba et Faure cousinaient bien ensemble, alors que le Président démocratiquement élu du Togo, le Dr. Gabriel Messan Agbéyomé Kodjo, a laissé entendre à plusieurs reprises que le Colonel a été assassiné parce qu’il avait refusé d’exécuter l’ordre de l’assassiner. 

Pour prouver que le courant passait bien entre le Colonel assassiné et Faure Essozimna Gnasingbé, RFI affirme ce qui suit: « Comme son grand frère, l’actuel ambassadeur du Togo en France, Calixte Batossie Madjoulba, le colonel était visiblement proche du président. « On n’assume pas le rôle qu’il assumait et le poste de commandement qu’il assumait s’il n’y avait pas une confiance totale du chef de l’État », décrypte hors micro une personnalité politique.»

Pour répondre à la question de savoir pourquoi le corps n’a toujours pas été rendu à la famille, RFI répond que c’est parce qu’une seconde autopsie aurait été ordonnée par le juge d’instruction. Il s’agit en réalité d’une réponse au collectif d’avocats du Colonel qui avait adressé, par voies diplomatiques, une sommation interpellative en vue de la restitution du corps. Il s’agit au fait d’une fuite en avant face à un crime qui marque la descente aux enfers du régime mafieux du Togo.

Quelques questions brûlantes sautent aux yeux à l’analyse de l’article. D’abord, il faut revisiter le sternum en retournant au CE1. Selon le Larousse, «le sternum est os plat situé à la partie antérieure et médiane du thorax, articulé par ses bords avec les sept premiers cartilages costaux et avec les clavicules.»

1- Comment une balle tirée à bout portant sur le cou de la victime a-t-elle pu atteindre le sternum qui est situé au thorax, loin du cou, et a pu y laisser une simple brûlure ? Brûlure qui donnerait l’impression que la victime a été égorgée ?

Ici, il s’agit de répondra à la question de savoir si vraiment Bitala été égorgé. C’est le plus grand choc chez les Nawdba et chez les Togolais en général, au delà de l’assassinnat lui-même déjà trop grave.

RFI se livre à un jeu de mots qui ne rend justice à l’intelligence d’aucun lecteur : «Le commandant du BIR a été tué d’une balle. Tirée dans le cou, celle-ci est allée se loger dans le sternum de la victime. Le tir ayant été effectué à bout portant, il subsistait, selon une source bien informée, une trace de brûlure au niveau du cou qui aurait pu donner l’impression que le colonel avait été égorgé, comme l’a longtemps laissé entendre la rumeur.»

2- A quelle vitesse allait la balle tirée à bout portant dans le cou du Colonel, puisque finalement elle est allée se logée dans le sternum, un os plat du thorax, ayant laissé sur son passage, une blessure au cou qui ressemblerait à un égorgement.

3- D’où la balle avait-elle été tirée ? D’en haut, de derrière, de face ou de côté ? La question s’impose puisque cette balle se serait retrouvée dans le sternum, un os plat dans la partie opposée à la colonne vertébrale.

4- Le Colonel Toussaint Bitala Madjoulba était-il le seul détenteur d’un revolver Beretta au Togo ?

5- Peut-on avoir la liste de tous les militaires Togolais en possession d’un revolver de marque Beretta?

6- Le Général Félix Kadanga a-t-il été auditionné aussi, puisque la rumeur avait circulé qu’il avait été aperçu tôt le matin du crime dans ce camp militaire qu’il avait longtemps dirigé avant Bitala ?

Par Guillaume Sosso Lawda

RFI – Affaire Madjoulba: le colonel togolais assassiné avec sa propre arme

Au Togo, six mois après la mort du colonel Bitala Madjoulba – assassiné dans la nuit du 3 au 4 mai dernier quelques heures après l’investiture du président Faure Gnassingbé à laquelle il venait d’assister –, l’enquête semble progresser. Les expertises balistiques réalisées par la France et le Ghana ont parlé : le commandant du 1er bataillon d’intervention rapide (BIR) a été assassiné avec sa propre arme, un revolver de marque Beretta. Dans la foulée de ces résultats, le juge en charge de l’affaire a lancé une commission rogatoire dans le but de faire auditionner plusieurs militaires.

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Assassiné avec son propre Beretta. C’est la conclusion inattendue à laquelle sont arrivés les experts français dans l’enquête sur l’assassinat du colonel Madjoulba. Ces derniers, qui ont remis leur rapport à la justice togolaise au mois d’août, étaient chargés de comparer la balle retrouvée sur le corps du commandant du BIR avec 152 douilles provenant de 76 armes différentes saisies par les autorités togolaises. Les douilles avaient été envoyées fin juin en France via une commission rogatoire internationale, et ce dans le cadre d’une demande d’entraide judiciaire. Une démarche similaire avait été entreprise auprès des autorités ghanéennes. Verdict : « Les résultats [des deux expertises] sont les mêmes », assure sous couvert d’anonymat une source au cœur de l’enquête.

Cette conclusion est une mauvaise nouvelle pour les enquêteurs : l’arme ne les mènera pas directement à l’assassin, contrairement à ce qu’ils pouvaient espérer au départ. Quoi qu’il en soit, suite aux résultats de ces examens balistiques, Awi Adjoli, le juge en charge de l’affaire, a émis une commission rogatoire. Le but : faire procéder par des officiers de police judiciaire à l’audition de certains militaires du camp où officiait le colonel Madjoulba. Selon cette même source, les auditions seraient actuellement en cours et n’auraient débouché, pour l’heure, sur aucun placement en détention.

Victime d’un règlement de compte ?

Six mois après, l’épais voile de mystère qui entoure cet assassinat ne s’est donc pas encore dissipé. Une même question brûle les lèvres depuis le 4 mai : qui a bien pu tuer le colonel Madjoulba dans son bureau, quelques heures après l’investiture de Faure Gnassingbé à laquelle il venait d’assister ? Les soupçons se portent depuis le début sur les pensionnaires du camp où il officiait, même si le lieu n’est ni clôturé ni très surveillé. Les 76 armes saisies par les autorités togolaises – et dont sont issues les douilles expertisées – proviennent de l’intérieur même du camp. Pourquoi Bitala Madjoulba aurait-il alors été assassiné par un de ses collègues militaires ? « Il y a trop de clans dans l’armée », décrypte un observateur avisé. « Pas des clans ethniques, ça c’est l’erreur que les gens commettent. Mais des clans de pouvoir, des clans d’intérêt ». Est-ce à dire que le commandant du BIR aurait été victime d’un règlement de compte en lien avec de possibles trafics ? Ou doit-on voir dans cet assassinat un message adressé au clan présidentiel ? Comme son grand frère, l’actuel ambassadeur du Togo en France, Calixte Batossie Madjoulba, le colonel était visiblement proche du président. « On n’assume pas le rôle qu’il assumait et le poste de commandement qu’il assumait s’il n’y avait pas une confiance totale du chef de l’État », décrypte hors micro une personnalité politique.

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Ce qui semble établi, c’est que le colonel connaissait son ou ses agresseurs. Ce dimanche 3 mai, le haut gradé assiste dans l’après-midi à la cérémonie d’investiture du président réélu. Investiture qu’il fête ensuite au mess des officiers. En milieu de soirée, il regagne son bureau, qui lui sert aussi de couchette. Que se passe-t-il alors ? Mystère. Sa secrétaire, qui dormait dans une pièce attenante,

découvre au petit matin son corps gisant sur le canapé. Réveillée à 5h du matin, celle-ci a été alertée par une odeur de brûlé. Selon une source, le sang de la victime aurait coulé sur une prise électrique, provoquant un léger court-circuit. Élément troublant, la secrétaire aurait confié aux enquêteurs avoir entendu, quelques heures plus tôt dans un demi-sommeil, un éclat de voix et le colonel lancer en français : « Sors d’ici ! ». Or, les enquêteurs ont découvert que la porte privée menant au bureau du colonel, généralement fermée, était restée ouverte. Ce qui laisse supposer que Bitala Madjoulba aurait accueilli celui ou ceux qui allaient ensuite l’assassiner.

La dépouille du colonel Madjoulba toujours à la morgue de Lomé

Le commandant du BIR a été tué d’une balle. Tirée dans le cou, celle-ci est allée se loger dans le sternum de la victime. Le tir ayant été effectué à bout portant, il subsistait, selon une source bien informée, une trace de brûlure au niveau du cou qui aurait pu donner l’impression que le colonel avait été égorgé, comme l’a longtemps laissé entendre la rumeur.

Selon nos informations, six mois après les faits, la dépouille de la victime est toujours à la morgue de Lomé. Or, l’autopsie est terminée depuis longtemps. S’il est vrai que dans la tradition losso, les personnes disparues de mort violente doivent être enterrées le jour de la mort, pourquoi le corps n’a-t-il toujours pas été rendu à la famille ? À en croire une source bien informée, la justice togolaise aurait émis l’idée de pratiquer une seconde autopsie du corps.